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L'académicien Michel Déon est décédé à l'âge de 97 ans

À 97 ans, l’un des doyens de l’Académie française s’est éteint en Irlande ce mercredi des suites d’une embolie pulmonaire.
 
Le romancier, auteur d’une cinquantaine d’œuvres, était le dernier membre des Hussards, une bande d’écrivains de droite baptisée ainsi par Bernard Franck.
 
Admirateur de Charles Maurras, Michel Déon connaît la consécration dans les années 1970 avec Les Poneys sauvages récompensé par le Prix Interallié (1970), puis Un taxi mauve sacré Grand Prix de l’Académie française (1973). Suivront Thomas et l’infini, grand prix européen de littérature en 1976 et Je vous écris d’Italie en 1984.
 
Né le 4 août 1919 à Paris sous le nom d’Edouard Michel, le futur écrivain devient orphelin de père à l’adolescence et prend plus tard le nom de Michel Déon. Il connaît la guerre à vingt ans, après des études de droit. Mobilisé, il est très marqué par la débâcle de l’armée française, « cette honte dont on ne se remet pas ».
 
Dans les années 1930, il s’est illustré par son activisme politique au sein des rangs de l’Action française, où il a un temps embrassé une carrière de secrétaire de rédaction pendant la Seconde guerre mondiale. Déjà, il n’aime pas de Gaulle. Il n’oubliera pas non plus Dien Bien Phû ou l’Algérie, qualifiées d'« impostures ».
 
Il participe à l’aventure des « Hussards », courant littéraire qui réunit notamment Roger Nimier, Antoine Blondin et Jacques Laurent, ces amoureux des phrases courtes et cinglantes, adversaires de Jean-Paul Sartre et d’un existentialisme honni.
 
Noctambule parisien, il écrit beaucoup, sans grand succès, avant de voyager et de s’éloigner de la France. Pudique, ce père de deux enfants a juste laissé entrevoir des bribes de sa vie dans le livre-entretien accordé à sa fille Alice (Parlons-en).
 
En 1978, il est élu à l’Académie française. L’ensemble de son œuvre est salué en 1996 par le prix Giono.
 
Démocrate par raison et monarchiste sans illusions, il ne détestait pas les causes perdues « parce que ce sont celles d’une minorité ». « Au fond, assurait-il, je penche pour une société aristocratique. »
 
Arborant souvent une casquette en tissu pied-de-poule et de vestes en tweed ou à chevrons, cet amateur de pipes et de whisky dénonçait en vrac le « droit-de-l’hommisme », la libération sexuelle, de Gaulle, l’art contemporain ou encore les philosophes qui furent « nouveaux ».Sans doute le poids de la modernité lui paraissait-il moins lourd à porter à l’étranger. Il a passé une bonne partie de sa vie dans des endroits de rêve : l’île grecque de Spetsaï dans les années 60 d’abord et le comté irlandais de Galway ensuite, une de ses « arches de Noé » auxquelles il a rendu hommage dans un livre de souvenirs portant ce titre. Là, dans leur presbytère, lui et sa femme élevaient des chevaux. Il croisait parfois Michel Houellebecq qui avait sa sympathie.
 
Bienheureux dans son existence, il racontait des histoires d’amour vouées à l’échec. Son ami, l’écrivain Patrick Besson, l’a très bien croqué : « C’est un homme au grand coeur mais c’est surtout un homme au coeur gros, son vrai sujet est le chagrin, il se sent en permanence privé de quelque chose. »
 
Le monde littéraire lui a rendu hommage à l’annonce de sa mort. « Michel Déon nous a quittés. C’est une grande perte pour l’Académie. Il en était la mémoire et la conscience. Michel Déon a eu une très longue vie académique depuis son élection en 1978 au fauteuil de Jean Rostand », a déclaré Hélène Carrère d'Encausse.
 
« Ils ont apporté la jeunesse de ce qu’on appelait les Hussards. Ils ont apporté un souffle d’imagination et de fantaisie à l’Académie », a souligné Hélène Carrère d'Encausse.
 
« Je ressens de la tristesse et du chagrin. C’était un ami », a pour sa part confié Jean d’Ormesson, tout en rappelant avoir eu des « orientations un peu différentes » : « Il détestait le général de Gaulle, j’étais gaulliste ».
 
Dans le milieu politique, l’ancien président du FN Jean-Marie Le Pen a été une des premières personnalités politiques à réagir à son décès. « Affectueuses pensées pour la dernière charge du Hussard Michel Déon », a-t-il écrit sur son compte Twitter.
 
Homme de gauche, le mécène Pierre Bergé a lui salué un « très bon écrivain ». « En politique nous étions plutôt opposés mais je le respectais car il savait lire », a-t-il ajouté.
 
« Les visions de lande et d’Irlande, le jeune homme vert et ses vingt ans, (ont) notre reconnaissance. À jamais », a souligné le président du MoDem François Bayrou.
 
« Michel Déon était un écrivain à l’inspiration romanesque nourrie notamment de cette terre d’Irlande qu’il aimait tant […]. Malgré sa proximité avec les thèses de Charles Maurras, il gardait en littérature une totale liberté dans ses choix, surprenant ses pairs et s’enthousiasmant pour les talents qu’il repérait », a salué dans un communiqué la ministre de la Culture Audrey Azoulay.

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