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Présidentielle 2017 : Incidents au coeur de Paris entre CRS et manifestants "anti-fascistes" : Des dégâts et au moins 2 blessés

Des affrontements entre militants et forces de l’ordre ont éclaté sur la place de la Bastille et dans les rues adjacentes, au soir du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril.
 
Plusieurs centaines de jeunes antifascistes étaient rassemblés dimanche 23 avril sur la place de la Bastille à Paris dans un face-à-face tendu avec la police, au soir du premier tour de la présidentielle qui voit Marine Le Pen et Emmanuel Macron se qualifier pour le second tour.
 
Les forces de l’ordre ont chargé les manifestants qui avaient pris position sur le rond-point et sur les marches de l’Opéra Bastille, a constaté un journaliste de l’AFP. Ils ont essuyé des jets de bouteilles et de pétards de la part des jeunes, dont certains cagoulés et souvent vêtus de noir.
 
Une source policière a fait état de quelques jets de projectiles vers les forces de l’ordre, précisant que des groupes de manifestants avaient commencé à démonter des panneaux qui entourent la colonne au milieu de la place. Trois personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.
 
A l’appel de mouvements antifascistes, qui entendent organiser une « nuit des barricades », quelque 300 manifestants se sont réunis dès avant les premières estimations de la présidentielle. Les forces de l’ordre, déployées en nombre, avaient préventivement stoppé la circulation vers cette place emblématique de l’Est parisien. Un organisateur au micro a appelé tout le monde à venir manifester « contre Marine et contre Macron ».
 
« Quel que soit le résultat nous ne le reconnaîtrons pas ! », avait lancé un manifestant au micro sous les acclamations de jeunes souvent habillés en noir, juste avant l’annonce des premières estimations.
 
« Paris, Paris, antifas ! », criaient déjà certains d’entre eux en début de soirée tandis que des CRS étaient déployés en masse dans les rues adjacentes à la place de la Bastille. « On est venus protester contre la mascarade que représente cette élection », a déclaré à l’AFP un manifestant sous couvert d’anonymat. « Tous les principaux candidats, Macron, Fillon, Le Pen, ne sont là que pour perpétuer le règne de l’oligarchie qui confisque le pouvoir et vole les richesses au peuple. Ils n’ont aucune légitimité, il y a donc une crise de représentativité grave en France », a-t-il estimé. Interrogé sur ce que les manifestants comptaient faire dimanche soir, il a répondu : « on ne sait pas encore, on va improviser. »
 
Selon Abel Mestre, notre journaliste présent sur place, une « manifestation sauvage » s’engageait vers 21 heures entre la Bastille et la place de la Nation tandis que les manifestants étaient entourés d’une nasse formée par les forces de l’ordre sur la place de la Bastille.
 
Les pompiers ont dit avoir pris en charge deux blessés : un jeune adulte qui présente un trauma facial, ainsi qu'une jeune fille mineure en "urgence relative" avec des plaies au visage et au cou.

L'adolescente de 15 ans a été blessée "dans une charge des CRS", a rapporté sa mère, qui a vu sa fille "par terre en sang".

"On est venues manifester notre désarroi par rapport aux candidats présents", a-t-elle expliqué.

Edit :

Des manifestations se sont également déroulées dans d'autres villes :

Il y a eu plusieurs interpellations à Nantes , où des centaines de personnes ont manifesté derrière une banderole proclamant «Ni banquier, ni raciste».

Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov et cassé quelques vitrines d'agences bancaires.
 
Les forces de l'ordre, présentes en nombre, ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogène et de désencerclement, ainsi que par des tirs de gomme-cogne.
 
À Rouen , une centaine de militants a tenté de défiler mais en a été empêchée par les forces de l'ordre. Ils ont appelé à d'autres rassemblements, notamment lors du 1er mai.
 
À Rennes en revanche, une manifestation interdite d'une centaine d'antifascistes s'est déroulée sans affrontements, tandis qu'environ 150 jeunes ont crié à Tours «ni Macron, ni Le Pen» et «Macron Le Pen, la finance ou la haine».

Source JMM

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