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Législatives : Les casseroles s'amoncellent sur La République en marche

Deux ministres et au moins trois candidats aux législatives de La République en marche sont embarrassés par des révélations…
 
Plusieurs ministres et candidats aux législatives LREM sont visés pour des problèmes de probité.
 
Le ministre Richard Ferrand est dans le viseur du « Canard enchaîné ».
 
Les semaines s’enchaînent et commencent à toutes se ressembler pour La République en marche (LREM). Des cadres et des candidats aux législatives du mouvement fondé par Emmanuel Macron en avril 2016 sont éclaboussés par des révélations mettant à mal les principes d’exemplarité et de probité martelés tout au long de la campagne présidentielle par l’ancien ministre de l’Economie et ses lieutenants.
 
Alors que LREM comptait dur comme fer sur la présentation du projet de loi sur la moralisation de la vie politique, prévue avant le premier tour, le 7 juin, plusieurs médias annoncent ce mardi un report au 14 juin, soit en plein dans l’entre-deux-tours des élections législatives. Les cas des ministres Richard Ferrand et Marielle de Sarnez ainsi que de certains candidats LREM font donc figure de boulets pour le camp Macron.
 
Depuis une semaine, le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand est au cœur d’une polémique après les révélations du Canard enchaîné sur une location immobilière des Mutuelles de Bretagne impliquant sa compagne. L’affaire a pris une telle ampleur que le député du Finistère a publié ce mardi un communiqué pour « réfuter et condamner tous les soupçons » de l’enquête du journal Le Monde, qui l’accuse de « mélange des genres » entre affaires privées et vie publique.
 
A ce jour, le gouvernement fait bloc autour de ce macroniste de la première heure. « Aucun des faits rapportés par les médias n’est répréhensible aux yeux de la loi », a indiqué ce mardi l’entourage du Premier ministre Edouard Philippe, qui s'est exprimé hier soir au « 20 Heures » de France 2. Mais le feuilleton n’est probablement pas fini : Le Canard enchaîné paru mercredi contient de nouvelles révélations sur le passé de Richard Ferrand à la tête des Mutuelles de Bretagne.
 
A l’affaire Ferrand s’ajoute désormais le cas de Marielle de Sarnez. La centriste devenue ministre des Affaires européennes est visée avec 18 autres députés européens (dont le centriste Jean Arthuis, soutien de longue date d’Emmanuel Macron) par une enquête préliminaire pour des emplois fictifs présumés de collaborateurs au Parlement européen. Elle a réagi dès ce mardi en déposant une plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre l’eurodéputée frontiste Sophie Montel, à l’origine de la procédure.
 
En parallèle, plusieurs candidats investis par LREM pour les législatives ont été suspendus. En Haute-Garonne, Pierre Cabaré a été suspendu dimanche après que La Dépêche du Midi a révélé qu’il avait été condamné à un an d’inéligibilité en 2003, en raison du rejet de son compte de campagne pour les législatives de 2002. La réaction de LREM a été rapide, car le mouvement exige de ses candidats qu’ils aient un casier judiciaire vierge et n’aient jamais été condamnés à une peine d’inéligibilité.
 
En Gironde, Christian Gérin a reçu la même sanction après que ses tweets jugés antisionistes ont été exhumés par la Licra (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme).
 
Selon un article paru lundi sur Mediapart, Véronique Avril, candidate LREM en Seine-Saint-Denis, aurait loué un logement insalubre à une famille à Saint-Denis, pour un loyer supérieur à la moyenne de la ville.
 
« Nous avons pris le maximum de précautions, en croisant les informations et en faisant passer des entretiens aux candidats à l’investiture, mais nous savions que nous ne pouvions atteindre le zéro défaut, idéal vers lequel nous tendons », reconnaît Jean-Paul Delevoye, président de la commission nationale d’investiture du mouvement, qui a épluché les 19 000 candidatures reçues. « Nous avions pris le temps de réfléchir aux procédures en cas de problème », poursuit-il. En l’occurrence, la commission d’éthique, que 20 Minutes n’a pas réussi à joindre ce mardi, est chargée d’examiner chaque cas. « Contrairement à d’autres partis, on prend des décisions et on suspend si nécessaire, défend le porte-parole de LREM, Arnaud Leroy. Il y a toujours des gens qui passent par le trou de la raquette. » Mais « plus le temps s’écoule, et plus le risque diminue », estime Jean-Paul Delevoye au sujet des mauvaises surprises provoquées par certains candidats, jugeant que le « pourcentage d’erreur est acceptable, à moins d’un pour cent sur 520 candidats investis ».
 
Reste que la campagne présidentielle puis parlementaire du camp Macron mise beaucoup sur la probité et la transparence, des valeurs mises à mal par les révélations concernant Richard Ferrand. « On n’est pas dans l’illégalité, mais à la limite », juge Arnaud Leroy. « S’il y a matière à le débrancher, ça sera fait », tranche-t-il, manière de dire que ce n’est pas le cas à ce jour selon lui. Daniel Cohn-Bendit, soutien d’Emmanuel Macron, préconise la démission du ministre dans Libération ce mardi. « Vu l’ampleur de ce que veut faire Macron, il serait préférable que Ferrand le protège ainsi en se plaçant devant les électeurs », a-t-il déclaré. D’autres macronistes n’en disent pas moins, sous couvert d’anonymat, selon Paris Match. « Ce qui arrive à Richard est très emmerdant. Ça écorne un truc collectif, et ce d’autant plus qu’il est celui qui jouit de la plus grande confiance d’Emmanuel Macron », confie l’un d’eux.
 
Pour l’heure, ces affaires ne semblent pas se traduire dans les urnes : selon un sondage Kantar Sofres-onepoint paru ce mardi, LREM arrive en tête des intentions de vote pour le premier tour des législatives, avec 31 %, largement devant Les Républicains, à 18 %, et le Front national, à 17 %.

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