Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les Infos Videos

Les Infos Videos

Le meilleur des Infos et des videos du moment. Retrouvez toutes les news 24h/24 et 7j/7.

François Ruffin veut faire sa révolution à l'Assemblée nationale

Le documentariste, élu député de la Somme, a assuré qu'il se paierait au Smic, réservant le reste de ses revenus "à des œuvres".
 
 
Son entrée à l'Assemblée nationale pourrait (déjà) avoir des airs de petite révolution. François Ruffin, emblématique journaliste et documentariste césarisé pour son très remarqué "Merci patron ! ", a été élu dimanche député de la 1ère circonscription de la Somme, avec 56% des voix. Une victoire qui n'avait jusqu'alors rien d'évident, puisqu'au premier tour le candidat de La France insoumise n'avait récolté que 24,3% des voix, soit près de 10 points de moins que son concurrent REM, le maire d'Abbeville, Nicolas Dumont (34,1%).
 
Figure singulière de cette nouvelle législature, François Ruffin confirme qu'il ne fera, semble-t-il, rien comme personne. Interrogé au micro de RTL ce lundi matin, le rédacteur en chef de "Fakir" a répété ses trois promesses de campagne. La première : toucher le Smic (1.480,27 euros brut), soit près de cinq fois moins que ses collègues qui gagneront 7.185,60 euros brut par mois. Si comme le soulevait "Libération", un député ne peut demander à gagner moins, il peut en revanche reverser une partie de son indemnité. C'est précisément ce que compte faire le journaliste en donnant le reste de son salaire à des "œuvres".
 
Autre engagement pris par le Calaisien : "avoir un mandat révocable".
 
"Si 25% des inscrits de ma circonscription souhaitent que je dégage, eh ben je m'en irais."
 
Enfin, à propos de la réserve parlementaire, que le projet de loi de moralisation de la vie publique prévoit de supprimer, il a prévenu que si elle était conservée, il la ferait "gérer par un jury populaire tiré au sort".
 
Semblant encore surpris par les résultats de dimanche, Ruffin parle de son élection comme d'un "miracle", estimant que "c'est le travail de terrain qui a payé".
 
"Ce sont des dizaines voire une centaine de militants qui ont arpenté les villes, les villages et qui, au porte-à-porte, sont allés arracher les gens, non pas au vote Macron puisqu'on savait que, dans le coin, les gens ne voulaient pas de ça, mais simplement sont allés les arracher à l'abstention, à la résignation, à l'écœurement", a-t-il analysé.
 
Dans la 1ère circonscription de la Somme, touchée par les problématiques de la désindustrialisation (Whirlpool, Goodyear à Amiens) et de la rénovation urbaine (quartier d'Amiens-Nord), François Ruffin avait réussi à unir sur son nom La France insoumise, EELV et le PCF. Son franc-parler et son profil de journaliste militant en avaient fait un candidat très médiatisé. Tout comme ses interpellations visant Emmanuel Macron alors en campagne, sur le plateau de France 2, et devant le site de Whirlpool d'Amiens.
 
"On dit que je suis spécialiste des coups médiatiques mais d'abord je suis un gros bosseur", a cependant prévenu le nouveau député. Soucieux d'être "un point d'appui pour tous ceux qui veulent que ça change dans le pays", il n'a concédé qu'"une légitimé partielle" à une majorité élue avec un taux record d'abstention.
 
"Si on ne trouve pas des voix pour porter nos paroles à l'intérieur de l'Assemblée nationale, si c'est un bloc monolithique qui avance avec ses lois, sûr de soi, dominant, eh bien, c'est à l'extérieur de l'Assemblée nationale que ça se passera."
 
Investi par La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon mais sans avoir signé la charte d'engagements prévoyant, entre autres, la discipline de vote, François Ruffin a, par ailleurs, confirmé qu'il voterait "en (son) âme et conscience, en toute indépendance, c'est ce que j'ai assuré aux électeurs". "Je pense qu'il n'y a pas besoin de discipline quand on est d'accord sur l'essentiel", a-t-il commenté. Vous avez dit insoumis ?

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article