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«Embrasse-moi !», gentillette comédie lesbienne d’une amie des… pro-islamistes

Océanerosemarie défend pour elle-même ce qu’elle accepte de voir refusé aux «indigènes» par les islamo-gauchistes.
 
Le 5 juillet 2017 sortait sur les écrans «Embrasse-moi !», premier film de la comédienne, auteure et chanteuse Océane Rose Marie. Comédie romantique à la française n’ayant pas peur des clichés de mise en scène ni de la vacuité scénaristique, ce long métrage a toutefois le mérite d’évoquer la vie amoureuse d’une jeune femme en ne traitant jamais son homosexualité comme un problème. Points forts de l’opus : le personnage principal, interprété par la réalisatrice elle-même et qui porte le même nom, enchaîne joyeusement les conquêtes avant de tomber véritablement amoureuse de Cécile (Alice Pol). Un don juanisme militant qui permet à la fois de normaliser les relations homosexuelles, et de revendiquer une certaine liberté sexuelle pour les femmes. Mais l’univers proposé par Océane Rose Marie est aseptisé, plein de bons sentiments et de naïveté ; quant à Océane Rose Marie, elle surjoue son rôle, se voulant tellement drôle, sportive et irrésistible, frôlant ainsi la lourde caricature dans certaines scènes presque embarrassantes. Les clins d’œil humoristiques à son premier spectacle, «La Lesbienne Invisible», sont en revanche plutôt salvateurs.
 
Ce spectacle, joué pendant 4 ans, dépeignait de façon aussi tendre que crue le milieu lesbien dans lequel commençait à évoluer notre comédienne et auteure, dont l’apparence, à l’époque, était ultra-féminine. Les stéréotypes de nos sociétés à l’encontre des lesbiennes étaient intelligemment parodiés et moqués par une Océane Rose Marie qui défendait le droit de porter jupes et collants tout en revendiquant ouvertement son homosexualité. On y riait avec auto-ironie des relations lesbiennes, on se moquait de l’homophobie, à un rythme effréné.
 
Mais Océane Rose Marie devait par la suite opérer un étrange tournant avec son deuxième spectacle. «Chatons Violents», sorti en 2015, constituait en effet une plongée dans une sphère assez particulière d’un prétendu «antiracisme», sphère qu’elle commençait à côtoyer grâce à son amie Rokhaya Diallo. Toutes deux ont fait partie du jury distribuant les calomnieux «Y’a bon awards», lesquels s’ingénient généralement à faire passer pour les pires des racistes des figures importantes de la lutte contre les discriminations et l’intégrisme religieux, notamment Caroline Fourest ; Rokhaya Diallo s’est aussi péniblement distinguée avec sa tribune appelant à stopper la solidarité envers Charlie Hebdo après l’incendie volontaire de ses locaux en 2011, ou encore pour avoir estimé que «ce que dit Ben Laden n’est pas faux […], on lui donne des arguments pour nous menacer» lorsque feu le grand chef d’Al Qaëda justifiait le terrorisme en réaction à la loi de 2010 sur la dissimulation du visage. Cette charmante personne est désormais annoncée comme future salariée de Bolloré en tant que collaboratrice du délicat Cyril Hanouna.
 
Si dans «Chatons Violents» la description d’attitudes racistes et condescendantes touchait parfois juste, notamment lors du passage mettant en scène l’humiliation d’une femme de ménage maghrébine, le spectacle exprimait néanmoins en toile de fond un douteux moralisme biaisé au manichéisme faussement naïf. Les «Je Suis Charlie», les militants de SOS Racisme ou encore Mohamed Sifaoui se retrouvaient ainsi relégués sans autre forme de procès du côté des fautifs : les manifestants solidaires des dessinateurs antiracistes assassinés pour l’expression de leurs idées tout comme le journaliste algérien vivant sous protection policière en raison de sa critique de l’islamisme étaient sans vergogne désignés comme coupables de… racisme. La laïcité était également pointée du doigt, jetée au détour d’une phrase avec l’eau du bain d’un grand «racisme de gauche».
 
Une semaine tout juste après les attentats de Charlie Hedbo, Océane Rose Marie avait donné le ton. Au micro de France Inter, face à Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek, elle revendiquait son droit de «ne pas être Charlie» et, sans un mot pour les victimes du carnage, elle utilisait son temps de parole sur les attentats pour se révolter contre… l’«injonction» à se rendre à la marche du 11 janvier. Lorsque la journaliste lui demanda presque ironiquement si elle se sentait «ostracisée» pour cela, elle répondait : «J’ai l’impression que c’est de plus en plus compliqué de faire entendre cette parole-là, oui.» Elle se demandait ensuite, à propos de ceux qui affirmaient que Charlie l’avait bien cherché, «à quel moment c’est de l’incitation au terrorisme, à quel moment les caricatures ne l’étaient pas». Alors qu’on lui rappelait au micro que les caricatures de Charlie n’étaient en aucun cas des incitations au terrorisme, Océane Rose Marie maintenait ses propos et ajoutait que c’était «plus ambigu» que cela. Air connu, hélas.
 
Le spectacle «Chatons Violents» symbolise certainement le tournant autocentré et, en fait, paternaliste d’Océane Rose Marie. Sandrine Blanchard, qui lui avait consacré un article plutôt élogieux dans Le Monde, constatait néanmoins cette tendance, écrivant notamment «dommage qu’elle éprouve le besoin, à la fin du spectacle, de justifier sa démarche, de s’ériger en nana super cool et super ouverte qui veut “lutter contre les préjugés par le biais de l’humour” et s’ouvrir sur les autres, “rencontrer des gens qui ne sont pas des BBB”, pour “essayer de comprendre”». Précision : «BBB» signifie «bons Blancs bobos», catégorie qu’il s’agit très certainement de rééduquer.
 
En octobre 2015, l’évolution d’Océane Rose Marie s’affirmait plus clairement encore à travers sa participation à la «Marche de la Dignité», organisée par le collectif MAFED, qui prétend regrouper «exclusivement des femmes subissant le racisme d’Etat». Ce collectif comptait entre autres Houria Bouteldja (porte-parole du Parti des Indigènes de la République [PIR]) et Ismahane Chouder (figure de proue du mouvement intégriste «Participation et Spiritualité Musulmanes» qui avait appelé à défiler avec à la Manif Pour Tous). Cette marche avait également reçu le soutien de Tariq Ramadan et du rappeur Médine. Quelques jours plus tard, Océane Rose Marie publiait une tribune dans Libération intitulée «Où sont les féministes mainstream ?», dénonçant la non-participation de nombreuses féministes à cet événement. Elle y déplorait qu’il n’y ait «aucune trace d’Osez Le féminisme, Féministes en mouvement, les Femen (lol), les Chiennes de garde, Ni putes ni soumises (double lol)». Et affirmait sans être gênée : «Et si demain encore il faut aller dans une manif aux côtés de certaines personnes qui ne soutiennent pas le mariage pour tous, avec une association pro-Hamas, ou encore avec des partis politiques dont je ne partage pas la vision, eh bien vous savez quoi, j’irai quand même, tant que le mot d’ordre de cette manif ne sera autre que “JUSTICE POUR TOUS”.»
 
En 2016, elle participait, tout comme l’inévitable Rokhaya Diallo, à la campagne du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) intitulée «#JeSoutiensLeCCIF» ayant pour but de lever des fonds pour l’association. Elle apparaissait alors dans la vidéo promotionnelle du CCIF, avec Mehdi Meklat, bien connu pour son fameux «double» aux tweets antisémites. Notre humoriste ne semblait pas un seul instant troublée par le fait que le CCIF ait disposé d’une antenne dans la mosquée des Bleuets appelant à combattre les «mécréants», ou qu’il ait invité dès 2014 lors de ses dîners de gala des imams tels qu’Abou Houdeyfa (célèbre pour ses vidéos où il assure que les amateurs de musique seront transformés en porc ou que les femmes non voilées ne doivent pas s’étonner d’être violées) ou Abou Anas (qui trouve légitime qu’une femme doive demander l’avis de son mari avant de sortir et qu’elle ne se «refuse pas» à son mari).
 
Océane Rose Marie prendra la plume pour soutenir également, dans une nouvelle tribune parue dans l’accueillant Libération, en mai 2016, l’ignoble livre de Houria Bouteldja «Les Blancs, les Juifs et nous». Quiconque, comme par exemple le journaliste Thomas Guénolé ou l’hebdomadaire Marianne, reproche à cette dernière d’avoir un gros problème avec les Juifs, les femmes ou les homosexuels s’y voit accusé de manière pavlovienne de «#PassionRatonnade» – rien que ça. Elle soutiendra aussi en 2017 le festival Nyansapo organisé par le collectif Mwasi, qui se définit comme «afroféministe non-mixte». Depuis, elle participe à différents événements autour des «Indigènes», et notamment la nouvelle émission en ligne Paroles d’Honneur lancée en 2017, promue par le site conspirationniste d’extrême droite Le Cercle Des Volontaires, et présentée par Louisa Yousfi, membre du PIR.
 
La quête de subversion et la lutte contre les éternels «dominants» passaient pour expliquer le soutien à l’ «antisionisme» de l’ex-humoriste Dieudonné devenu relais de la propagande iranienne et complice de l’antisémite Soral. Interrogée au sujet du Franco-camerounais multi-récidiviste sur la plateau de Canal+, et notamment quant à sa phrase «Je me sens Charlie Coulibaly», Océane Rose Marie déclarait sans frémir : «Il est venu chercher cette limite en disant “vous (Charlie Hebdo – ndlr), c’est de l’humour, et nous, c’est de l’apologie du terrorisme”. Ce n’était pas inintéressant.» La limite ? Charlie Hebdo tournait en dérision tous les symboles religieux et l’a payé au prix fort, tandis que Dieudonné a été condamné pour apologie du terrorisme à 2 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende pour cette phrase glorifiant le tueur de la policière Clarissa Jean-Philippe et des clients juifs de l’HyperCacher, cet Amédy Coulibaly lié aux frères assassins terroristes Kouachi. Mortelle confusion, où les victimes ne sont plus différenciées de leurs bourreaux.
 
Fin 2016, Océane Rose Marie participe aux cotés de Rokhaya Diallo, Nacira Guénif Souilamas et Nelly Quemener au colloque «Rire du Stéréotype» à la Bibliothèque Publique d’Information. Alors que Nelly Quemener considère qu’il faut se demander «à quoi sert Dieudonné» et à qui il «profite», Océane Rose Marie rend hommage à la qualité de sa «vision de société», notamment dans son sketch sur DSK : «Un sketch incroyable, alors il y a toute l’histoire qui est antisémite alors vous allez vomir et vous revenez devant votre ordi, donc ça annule tout le reste, mais néanmoins ce qu’il dit sur les gens qui sont au pouvoir et qui s’en sortent toujours, quand on voit comment DSK s’en est sorti dans ce procès, c’est carrément… il est visionnaire, il est dans une vision extrêmement juste du pouvoir politique blanc.» Le sketch sur DSK en question ressasse en l’occurrence pendant 15 minutes toutes les obsessions antisémites de Dieudonné : qualifié de «milliardaire juif», ami de BHL, qui aurait dû rester intouchable du fait de son nom de famille, DSK est associé à l’élite médiatique. L’Elysée est quant à lui qualifié d’association israélienne. L’affaire DSK est également prétexte dans le sketch à remettre en cause la réalité des attaques du 11 Septembre 2001 ainsi que celle des chambres à gaz, le tout accompagné de quenelles et de l’abjecte chanson «shoananas». Mais pour Océane Rose Marie, malgré le révisionnisme et l’antisémitisme, il faut voir là une «vision extrêmement juste du pouvoir politique blanc»…
 
Il est plus que regrettable que de trop nombreux portraits ou articles élogieux sur le film d’Océane Rose Marie omettent ces informations. Vouloir faire de la comédienne une porte-voix des LGBT plutôt rigolote, sympa et engagée ne devrait pas être prétexte à passer sous silence la cadre politique dans lequel elle s’inscrit et qu’elle défend désormais. Océane Rose Marie a certes écrit et réalisé avec «Embrasse-moi !» une comédie romantique lesbienne développant une approche féministe et universaliste. Mais si l’on comprend bien, l’auteure se permet de développer cette démarche en ce qui la concerne sans être dérangée pour autant lorsque sa camarade Houria Bouteldja la refuse aux «indigènes». Cette dernière appelle les «femmes indigènes» à la résignation face aux violences de «leurs hommes», affirme par ailleurs que «le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires», précisant «ce qui n’est pas une tare !», et glorifie le «bon mot» de l’ex-président iranien Ahmadinejad assurant, à l’instar du président tchétchène Kadyrov, qu’il n’y a pas d’homosexuels dans son pays – tout en participant méthodiquement à leur élimination. Tel est l’hypocrite paradoxe d’Océane Rose Marie : présenter et revendiquer dans la bonne humeur la vie amoureuse lesbienne, tout en acceptant les discriminations homophobes au sein des «indigènes» ; développer une posture «anti-discours dominant», jusqu’à oublier que les premières victimes de l’islamisme radical sont des «dominées» ; profiter des acquis de l’universalisme républicain français et de la liberté d’expression, mais y voir systématiquement une source de malheur pour les musulmans. Odieuse façon de dénier à certaines catégories de populations les droits que l’on revendique – à juste titre – pour soi-même.

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