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Incendie dans le Sud-Est : Pins parasols calcinés, tortues d'Hermann décimées... la nature va mettre du temps à reprendre ses droits

Les 7.000 hectares de forêt ravagés par les incendies dans le sud de la France, ainsi que leurs habitants, vont avoir besoin de plusieurs années pour s’en remettre…
 
La répétition des feux à un même endroit va avoir des conséquences importantes sur la forêt.
 
Les reptiles et les tortues sont les plus touchés par les incendies contrairement aux sangliers, aux renards ou aux oiseaux.
 
Un incendie, c’est avant tout un drame pour la biodiversité. Ceux qui ont décimé plus de 7.000 hectares de forêt en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse la semaine dernière auront des conséquences sur la biodiversité pendant de longues années. A la fois sur la faune et sur la flore.
 
Les premiers stigmates d’un incendie sautent aux yeux. Ce sont bien évidemment des paysages noircis parsemés de longues carcasses d’arbres calcinés. Les pins d’Alep sont les plus durement touchés avec les pins maritimes. Dans une moindre mesure les pins parasols et les chênes-lièges, protégés par leur épaisse écorce. « Les pins parasols n’ont pas de branches basses ce qui leur permet de mieux résister que ceux d’Alep. Mais avec la violence de ces incendies, beaucoup ne repartiront pas », explique Antoine Catard, responsable du Pôle Var au Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Depuis le passage du feu, il tente de faire un point sur la situation sur le Cap Taillat, ravagé par l’incendie de la Croix-Valmer.
 
Après un incendie, le plus important, une fois la sécurisation des lieux réalisée, est d’éviter au maximum l’érosion du sol causée par les pluies d’automne. « Si les premières pluies emportent le peu de sol qu’il reste, plus rien ne pourra pousser », prévient Pierre-Christophe Herzog, responsable de l’unité territoriale de l’Office nationale des forêts (ONF) pour la côte bleue et le massif de la Sainte-Victoire (Bouches-du-Rhône). Les agents ne vont pas procéder à des replantations de grande envergure, comme ce fut le cas sur le massif de la Sainte-Victoire après l’incendie de 1989 : ils laissent désormais la nature reprendre ses droits naturellement. « On observe la régénération naturelle pendant cinq ans environ, puis on l’aide à se développer », ajoute Pierre-Christophe Herzog.
 
Selon lui, le plus déterminant dans la régénération est la rotation des feux. La forêt méditerranéenne est habituée à subir des incendies, mais il ne faut pas qu’ils soient trop fréquents. L’agent ONF conclut : "S’ils sont trop rapprochés les pins n’ont pas le temps d’essaimer et de se renouveler. On passe de la forêt à la garrigue, puis à de la caillasse comme dans certaines calanques où il y a eu trop de feux."
 
C’est sensiblement la même chose pour la faune qui peuple ces lieux. Plus les incendies sont rapprochés, plus ils ont des conséquences irrémédiables. Les animaux comme les sangliers, les lapins, les renards ou les oiseaux parviennent souvent à s’enfuir. « Nous avons tout de même retrouvé quelques cadavres de sangliers et de renards lors de nos investigations », relate Antoine Catard qui, une nouvelle fois, rappelle la violence de l’incendie de la Croix-Valmer. Une fois l’incendie terminé, ces animaux reviennent vite sur leur territoire.
 
La situation est plus problématique pour les reptiles, et notamment la tortue d’Hermann. Antoine Catard précise : "Nous avons retrouvé 27 tortues, dont 25 cadavres. On estime qu’environ 90 % de la population a été décimée par l’incendie."
 
Un drame pour cet animal, emblème de la plaine des Maures, qui est aussi « un des reptiles les plus menacés de France », selon l’ARPE. Là aussi, mieux vaut ne pas intervenir au risque de les déboussoler à nouveau. « Le cycle des tortues ressemble à celui des humains. Il faut attendre 12 à 13 ans pour qu’elles puissent se reproduire, et les petits survivent rarement. », explique Antoine Catard, avant d’ajouter qu’il n’est « pas convaincu qu’elle puisse se reconstituer. »
 
Un drame puisque des récentes études génétiques avaient démontré l’extrême la rareté de cette population de tortue qui vit sur le littoral. « Avec les importations de tortues d’un peu partout, il y a beaucoup de croisements. Alors que la génétique de celles-ci est "pure", elles ne souffrent d’aucun problème d’hybridation », avance Antoine Catard.
 
La dernière crainte du technicien du conservatoire d’espace naturel provient de l’homme. Il faut à tout prix veiller à ce que les travaux forestiers nécessaires à la sécurisation de la forêt ne déciment pas d’avantage une espèce au bord de la disparition.
 

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