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Pour Macron, ce ne sont pas les inégalités qui gangrènent notre République, c'est la jalousie

Voilà un Président à l'esprit pragmatique: ne souhaitant pas réduire les inégalités sociales qui ne cessent de se creuser, il lui suffit de convaincre les plus démunis que les inégalités qu'ils subissent n'en sont pas réellement.
 
La métaphore de la "cordée" utilisée par le Président de la République lors de son intervention télévisée a fait couler beaucoup d'encre. Il est vrai que l'image qu'elle offre du corps social que nous formons ensemble, nous les habitants du pays qu'il préside, est assez inquiétante.
 
A l'écouter, dans son monde, il y aurait en effet les "premiers de cordée" et les autres, ceux qui ne sont "rien". Ceux de tout en haut et ceux de tout en en bas. Durant la campagne électorale, il nous avait pourtant beaucoup parlé de "mobilité", mais dans une cordée, l'ordre est immuable. Et quelle triste conception de la réussite que celle qui la réduit à la richesse ! Qu'est la réussite sans les sciences, les lettres et les arts, sans le métier bien fait, sans l'engagement et la générosité, sans l'attention aux autres ? Et ceux d'en bas, l'immense majorité d'entre nous, ne sont-ils pas condamnés à le rester si l'on écoute ses mots : "fainéants", "qui n'ont qu'à travailler pour s'acheter un costard", "qui foutent le bordel au lieu de chercher du travail", des illettrés...
 
Mais pire, les Français sont des jaloux. Et ce vil sentiment nous aveugle, inconscients et irresponsables que nous sommes de ne pas réaliser ce que le "bon sens" nous dicte et que le Président pédagogue nous rappelle sur un ton doucereux: "Si on jette des pierres sur le premier de cordée, et bien c'est toute la cordée qui dévisse".
 
Mais oui, c'est cela la vérité ! Tous les maux de la France viendraient de "cette passion triste" comme dit le Président et il faut que cela change. Car voyez-vous, lui, ce qu'il nous propose, "ce n'est pas la réforme, c'est une véritable transformation de la société française".
 
Pas celle qui conduirait à plus d'égalité, à plus de justice, à plus de redistribution dans un pays où les individus sont de plus en plus "inégaux en fait", où plus d'un quart des revenus revient à seulement 10% de la population, où entre 2003 et 2013, les plus modestes ont gagné en moyenne 2,3% de pouvoir d'achat contre 43% pour les 10% les plus riches, où on compte 8 millions de pauvres, où plus de 3 millions d'enfants vivent sous le seuil de pauvreté, où les femmes gagnent en moyenne un cinquième de moins que les hommes, où près de 8 millions de personnes seraient en situation de "mal-emploi" (emploi précaire ou mal rémunéré), où seuls 1% des Français les plus riches concentrent 17% du patrimoine total tandis que l'ensemble des possessions des 50% les plus pauvres n'en représente que 8%.
 
Nous aurions pu comprendre, voire souscrire à cette volonté de transformation si elle avait pour ambition de réduire ces inégalités insupportables à qui adhère à notre devise "Liberté, Egalité, Fraternité". Mais ce n'est pas de cela dont il s'agit. Non. Pour le président, ce ne sont pas ces inégalités qui gangrènent notre République, c'est simplement la jalousie. Supprimons la jalousie de ceux d'en bas et le "bordel" sera éliminé.
 
Ainsi la transformation que le président veut voir aboutir en fait est celle des mentalités de ceux d'en bas, des gens même pas de peu, de ceux qui ne sont rien. Voilà donc un Président à l'esprit assurément pragmatique: ne souhaitant pas ou ne pouvant pas réduire les inégalités sociales qui ne cessent de se creuser, dans une société bloquée où tous les ascenseurs sociaux sont en panne, et bien il suffit de convaincre les plus démunis que les inégalités qu'ils subissent n'en sont pas réellement. Qu'elles ne sont que le résultat du seul "mérite" de chacun et de son effort. Il s'agit pour lui de les convaincre qu'ils ne doivent plus être envieux de ceux d'en haut. Ils doivent au contraire leur être redevables de tirer toute la société vers le haut. Au lieu de revendiquer et de geindre perpétuellement, au lieu de "foutre le bordel" qu'enfin ils se retroussent les manches... du costume qu'ils n'ont pas.
 
Voilà une vraie "Révolution" !
 
Comme Churchill, le président ne pense-t-il pas finalement que "Le socialisme est une philosophie de l'échec, un principe de l'ignorance et l'évangile de la jalousie" ? Et bien, pour ma part, je suis un rien jalouse... de Léon Blum lorsqu'il déclarait "De quoi est né le socialisme ? De la révolte de tous ces sentiments blessés par la vie, méconnus par la société, de la conscience de l'égalité humaine."

Un pauvre connard ce mec...

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