Aux Restos du Coeur de Nanterre, on vient pour un «coup de pouce» ou pour survivre - Les Infos Videos
Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les Infos Videos

Les Infos Videos

Le meilleur des Infos et des videos du moment. Retrouvez toutes les news 24h/24 et 7j/7.

Aux Restos du Coeur de Nanterre, on vient pour un «coup de pouce» ou pour survivre

Avec près de 28.000 repas distribués l'an dernier, le centre de la banlieue parisienne est l'un des plus grands d'Ile-de-France. Mardi matin, les 80 bénévoles ont accueilli les premiers bénéficiaires de la campagne hivernale.
 
«Rentrez, mettez-vous au chaud !» À l'accueil des Resto du Cœur de Nanterre (Hauts-de-Seine) mardi matin, le centre vient d'ouvrir ses portes mais les poussettes s'entassent déjà à l'entrée. C'est le jour des distributions pour les familles. Les palettes de lait infantile et de couches sont dans le couloir, prêt à être servis. «C'est une machine bien rodée», décrit Pierre Cayla, directeur du centre et bénévole depuis 1999. L'ouverture de la 33e campagne d'hiver, ce mardi, a été planifiée pour gérer l'accueil des quelque 1351 bénéficiaires, sans compter ceux qui s'inscrivent chaque jour, l'hiver arrivant. Avec plus de 27.851 repas distribués à la dernière campagne hivernale, le centre de Nanterre est l'un des plus grands d'Ile-de-France.
 
Pour les recevoir, les 80 bénévoles sont répartis dans le bâtiment, un ancien centre de tri de La Poste. À l'entrée, l'un distribue les tickets d'arrivée, l'autre ajoute les nouveaux arrivants au fichier national. Chaque bénéficiaire est ensuite accompagné à toutes les étapes du centre. Passage au stand de l'alimentation, puis de l'hygiène, des vêtements et enfin des jouets, Noël approchant.
 
À l'arrière, Michel multiplie les allers-retours jusqu'à la chambre froide. Vêtu d'une polaire, il s'arrête ensuite devant la balance : «Madeleine, tu mettras dix chocolats de Noël par portion !», lance-t-il. «Aujourd'hui, les gens ne meurent plus de faim. Mais on leur permet de vivre mieux. L'argent qu'ils économisent ici, c'est de l'argent qu'ils peuvent dépenser pour le téléphone ou l'ordinateur des enfants.» D'après lui, les Restos du Cœur c'est aussi un «coup de pouce» pour manger équilibré, car «la malbouffe c'est ce qui revient le moins cher».
 
«Est-ce que tu as encore un poste de cariste [NDLR: personne conduisant un engin motorisé servant au déplacement de marchandises] ? J'ai quelqu'un qui pourrait être intéressé.» Dans le bureau de Pierre Cayla, les appels téléphoniques sont incessants ce matin. En plus de l'aide alimentaire, l'association propose aussi des cours d'alphabétisation, une assistance médicale ou un soutien à la recherche d'emploi. Un accompagnement qui permet d'avancer. D'après lui, la moitié des personnes présentes ici le sont pour des «questions de survie», l'autre pour «accéder à mieux».
 
Ce que confirment deux femmes, dans la file des inscriptions, emmitouflées dans de larges manteaux sombres. L'une a 58 ans, l'autre 62. Elles ont souhaité rester anonymes. «Si je suis ici, c'est parce que je viens de perdre mon contrat aidé, vous savez, les fameux contrats que Macron a voulu diminuer», raconte-t-elle, avant d'expliquer que le chômage ne suffit pas à subvenir à ses besoins. «Une fois le loyer et les charges payées, j'arrive à moins de 100 euros par mois, c'est trop juste. J'attends mon rendez-vous avec Pôle emploi, j'ai encore la force de travailler ! En attendant, ici c'est un complément.» Sa voisine acquiesce : «Je suis là pour ma nièce qui a trois enfants de moins de 4 ans. Elle fait le ménage matin et soir dans les entreprises, mais elle a des difficultés à boucler ses fins de mois.»
 
À Nanterre, la campagne hivernale doit durer seize semaines. D'autres centres, eux, ne ferment jamais. L'an dernier, en France, plus de 132 millions de repas ont été distribués et 900.000 personnes ont été accueillies par les Restos du Cœur. D'après Pierre Cayla, il faut s'attendre au même bilan cette année. S'il se satisfait que le nombre d'inscrits n'augmente pas, il regrette de ne pas le voir baisser. Une situation qui ne démoralise pas les bénévoles, majoritairement retraités, qui se disent «toujours motivés».

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article