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La Guyane : Le département le plus dingue de France

C’est la seule région de l’Union européenne située en Amérique du Sud. Elle était connue des métropolitains pour son bagne et son centre spatial. Depuis le succès de la série « Guyane » sur Canal+, on découvre que cette terre d’aventure recèle bien d’autres trésors. Pas besoin de courir le monde : la grande aventure se trouve sur notre territoire national ! Paris Match l’a sillonnée pour vous.
 
Le voyage commence par la visite de Cayenne dont l’histoire se confond avec celle de la Guyane. Son histoire est assez complexe, liée à la colonisation de la ville. D’abord Amérindienne jusqu’à à l’arrivée des colons européens et de leurs esclaves Africains.
 
Il subsiste, de cette époque, des bâtiments de style créole qui abritent désormais les administrations. Nous arrivons sur la place des palmistes qui est un lieu emblématique de Cayenne avec ses 3 hectares plantés de palmiers. C’est un endroit où les habitants aiment se promener et se retrouver le soir. Mais l’endroit le plus pittoresque est à coup sûr le marché, et là, tous à vos Smartphones ! Les couleurs éclatent, vous sentez qu’il s’agit du cœur battant de la ville, qui par ailleurs, est assez calme. Le marché est très fréquenté et les étals regorgent de fruits et de légumes locaux : ramboutans, citrons verts, ananas, bananes, pamplemousses, piments verts et rouges...
 
Sous la halle, que l’on doit à Gustave Eiffel, vous pouvez vous restaurer d’une soupe chinoise et acheter des spécialités : confitures, rhum et de l’artisanat Amérindien, de ravissants colliers de graines. Quinze euros, pas donné, mais après tout, nous sommes en France. 
Notre promenade se poursuit jusqu’au vieux port, où les pêcheurs vendent des poissons qui nous sont totalement inconnus. Certains semblent sortir de la préhistoire, avec leur carapace et leurs pattes leur permettant de sortir de l’eau. Ces poissons du marais, Atipas, sont ici très prisés. On trouve également de petits requins, couramment consommés grillés. Du marché à la gastronomie, il n’y a qu’un pas.
 
L’or de la Guyane attise les convoitises et les trafics en tout genre. L’extraction clandestine est largement majoritaire, dans des zones reculées de la forêt, avec la déforestation pour conséquence. On a pu en voir récemment un aspect des plus sombres, dans la série Guyane. Et d’ailleurs, on peut désormais visiter la maison qui a servi au tournage dans le village Amérindien, Favard, à Roura. Dans certains endroits de Guyane, on peut payer directement ses achats avec le précieux minerai..
 
Le ti-punch est l’apéritif star en Guyane. Il est préparé avec du sirop de canne à sucre, du citron vert et du rhum. Dans la cuisine Guyanaise, on retrouve de la viande boucanée. Le boucanage est une technique de fumage et de conservation.
 
Cette viande est ensuite incorporée dans des plats mijotés, avec des épices et accompagnés de riz blanc et de soupe de haricots rouges. Ce menu typique vous est servi dans ce fameux restaurant du village amérindien Favard, à Roura, au cœur du marais.
 
C’est « the place to be », en même temps, il n’y en a qu’un dans ce village de 140 âmes (réserver absolument). Cet établissement est tenu avec autorité par une femme aux allures de big mama sympathique. Cela ressemble à une guinguette mais à la mode créole : nappes en plastique colorées et jolies serviettes. C’est délicieux et carrément folklorique tant la vie de la famille des propriétaires interfère sur l’ambiance du restaurant ; vociférations et rires des enfants qui courent partout garantis.
 
« La goélette » est un excellent restaurant installé sur un bateau venu mourir sur la berge du fleuve Maroni. On y déguste le fameux bouillon d’Awara, un incontournable de la cuisine Guyanaise. L’awara est un palmier amazonien dont les fruits orangés rentrent dans la composition d’une pâte qui est la base de cette recette. Une sorte de ragoût dans lequel on retrouve toutes sortes de viandes boucanées, et du poisson.
 
On le sert le dimanche de Pâques et à la Pentecôte. La préparation est longue et est une affaire de famille.
 
L’offre hôtelière est classique dans les grandes villes mais il n’y a pas d’établissements de très grand luxe. La majorité, sont des hôtels allant de une à trois étoiles. Il existe quelques adresses de charme, telles le Ker Alberte, idéalement situé dans Cayenne, une belle demeure créole.
 
Mais le must est ailleurs. La Guyane développe elle aussi l’écotourisme et l’expérience des nuits en forêt sont des moments magiques comme au…
 
L’embarcadère est à trente minutes de Kourou et pour atteindre notre refuge pour la nuit, il faudra faire vingt minutes de pirogue sous une pluie tropicale (avec votre meilleur allié, le poncho de pluie). Il n’y a pas d’électricité. Le soir, vous n’êtes éclairés que par des bougies, autant dire qu’il n’y a pas de Wi-Fi non plus.
 
Mais tout cela a un charme fou. J’ai dû batailler pour qu’on me montre enfin une prise dans la cuisine pour recharger mon portable.
 
Le Lodge dispose de plusieurs carbets, habitats traditionnels amérindiens, où il vous est possible de passer la nuit, en hamac ou dans un lit. J’ai opté pour le lit mais il paraît que le hamac est très confortable, pour peu que l’on vous explique comment vous y positionner.
 
Il y a tout le confort, c’est joliment décoré, du bois, des objets rapportés de voyage. Les sanitaires sont communs, ce qui vous bouscule un peu dans vos habitudes. L’eau de la douche n’est pas chauffée mais vous vous y habituez vite. Vous sortez de votre zone de confort et c’est tout le luxe de cet endroit, où par ailleurs, vous mangez extrêmement bien.
 
L’aventure commence vraiment au moment du coucher : tous à vos bombes anti-moustiques et à votre moustiquaire. Et là, vous tenterez de trouver le sommeil dans le bruissement de la forêt amazonienne et les cris des singes hurleurs. Après une très courte nuit, vous êtes prêts pour de nouvelles aventures : canoë ou paddle sous la voûte de verdure puis baignade pour les plus courageux dans une rivière au fond insondable. Il faut, quoi qu’il en soit, rester vigilant car la forêt, même apprivoisée, reste hostile. Un membre de notre groupe a croisé la route d’un fer de lance ou grage, petit serpent, certes, mais venimeux qui s’était aventuré près de notre campement.
 
L’expérience de la forêt, c’est aussi la moiteur et ses 80% d’humidité. Du coup, un festival olfactif puisqu’il y a 1200 essences d’arbres répertoriées. La lumière qui s’infiltre à des dizaines de mètres plus haut permet d’observer toute la vie au ras du sol : grenouilles, lézards, serpents, même mygales.
 
Nous poursuivons notre découverte de la nature guyanaise par une exploration de la réserve naturelle des marais de Kaw, qui s’étend sur 94700 hectares. Nous le faisons avec un guide sur une pirogue et nous voilà partis pour des kilomètres à naviguer au milieu de cette savane aquatique.
 
Notre embarcation glisse sur l’eau et nous apercevons une multitude d’espèces d’oiseaux : des hérons cocoï ou des grandes aigrettes blanches trônant sur les arbres qui sortent de l’eau. Au loin, des petits singes passent de branches en branches. C’est magnifique.
 
Durant notre progression, nous croisons des zébus qui paissent dans des champs immergés. Ce sont les seuls bovidés qui peuvent vivre dans ce biotope. Ils traversent même devant notre pirogue.
 
Plus loin, c’est un troupeau entier qui rentre à la ferme, un spectacle magique et insolite à la fois.
 
Au bout d’une heure, nous arrivons sur un Lodge flottant. Il est possible de dormir dans les marais. Ici, aucun moustique, c’est surprenant mais l’eau est trop acide et ne permet pas leur développement.
 
Nous nous adonnons à des activités nautiques en toute insouciance. Bientôt, c’est l’heure du Ti-Punch et un dîner nous est servi alors que la nuit tombe.
 
Nos hôtes viennent équipés de lampes frontales et nous montre la tête d’un énorme caïman qui affleure à la surface de l’eau. A l’écartement des yeux, ils estiment sa taille à, au moins, 3 mètres. Impressionnant. Et on se remémore avec effroi notre virée précédente en canoë ou en paddle au même endroit...
 
C’est l’heure du retour. Nous reprenons notre embarcation et remontons le marais dans la nuit en sens inverse. Notre guide allume sa lampe frontale par intermittence à la recherche du moindre signe de la présence d’un autre spécimen aux yeux rouges... Nous sommes comme des enfants qui craindraient de voir surgir un monstre de la rivière. Nous en rencontrons deux plus petits sur le retour. Une expérience inoubliable.
 
Nous continuons notre voyage par la visite du CNES, Centre national d’études spatiales et là, nous arrivons dans l’antre de la technologie la plus sophistiquée. Nous sommes à la vieille du tir d’Ariane 5, le 05/04/2018, soit presque 50 ans jour pour jour après le lancement de la première fusée Véronique, au Centre spatial de Kourou.
 
Tout un chacun peut y assister pour peu qu’il ait réservé au préalable. Ce qui paraissait un sanctuaire est en fait un endroit très accueillant. Nous pénétrons même dans le Saint des saints, la salle Jupiter, où travaillent les opérateurs d’Arianespace. Sur les écrans s’affichent les paramètres du tir qui doit avoir lieu le lendemain.
 
Le passé pénitentiaire pèse lourd sur la perception que les visiteurs ont de cette région.
 
C’est dans celui de Saint-Laurent du Maroni que tous les bagnards arrivés de métropole étaient débarqués, et ensuite répartis dans les différents centres de la Guyane. L’objectif était moins l’emprisonnement que de voir les détenus, une fois leur peine purgée, de coloniser cette province. En quittant le bagne, ils recevaient une somme d’argent, un lopin de terre et devaient rester en Guyane un temps égal à leur peine effectuée. C’était rarement le cas. Les conditions de détention et les maladies avaient raison de la vie de beaucoup d’entre eux.
 
En pénétrant dans les bâtiments, les dortoirs, les cellules individuelles avec leur lit en bois munis de barres de justice, auxquelles ils étaient enchainés, nous sommes littéralement saisis.
 
Il y a des noms qui nous sont familiers : Papillon, Seznec ou encore Dreyfus qui lui fut aussi détenu sur l’île du diable, seul, surveillé par plusieurs gardiens. S’échapper était quasiment impossible, les courants et les requins décourageaient même les plus téméraires.
 
Sur les îles du Salut, il est possible de dormir. Il y a des chambres climatisées, certaines réparties dans d’anciens battements du bagne ainsi que dans une grande salle, pour peu que l’on ait un hamac. Ca fait un peu froid dans le dos mais la fréquentation est au rendez-vous. Il y a un restaurant également qui dispose d’une vue magnifique sur l’île du diable et la mer à perte de vue.
 
Ce voyage en Guyane fut dense et chargé d’émotions. Certes, il n’y a pas d’eaux turquoise ni de lagons mais tellement d’autres choses à voir, et à ressentir.
 
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