Etats-Unis : Les images des enfants de migrants arrachés à leurs parents font scandale - Les Infos Videos
Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les Infos Videos

Les Infos Videos

Le meilleur des Infos et des videos du moment. Retrouvez toutes les news 24h/24 et 7j/7.

Etats-Unis : Les images des enfants de migrants arrachés à leurs parents font scandale

Depuis un durcissement de la politique migratoire, début mai, aux Etats-Unis, 2 300 enfants ont été arrachés à leurs familles, illégalement entrées sur le territoire américain. Des images et des vidéos montrant les conditions de vie de ces mineurs, dans des camps de détentions, ont été diffusées par les autorités et ont fait scandale. Lundi 18 juin, c’est un enregistrement, recueilli dans un de ces centres de détention, qui est venu grossir la polémique.
 
« Je ne veux pas qu'ils arrêtent mon père, je ne veux pas qu'ils l'expulsent ». Ces mots sont ceux d’un enfant, séparé de ses parents, sans papiers, que l’on peut entendre sur des extraits enregistrés par une source anonyme. Le jeune garçon est l’une des 2 300 victimes de la nouvelle politique migratoire américaine, passée début mai à la « tolérance zéro ». Le gouvernement américain applique, à présent, le volet pénal de la loi Immigration and Naturalization Act contre les clandestins. Les précédents gouvernements ne l’appliquaient pas, optant plutôt pour des poursuites au civil.
 
A présent, les sans-papiers, arrêtés avec leurs enfants, sont poursuivis et écroués alors qu’ils étaient, auparavant, relâchés avec une citation à comparaître. Les mineurs, de leur côté, sont “hébergés” par le gouvernement américain dans des structures grillagées surpeuplées, d’après plusieurs témoignages. L’enfant que l’on entend sur l’enregistrement est détenu dans un centre pour mineurs, tandis que ses parents, en situation illégale, ont été arrêtés.
 
Selon les chiffres officiels, 2 342 enfants ont ainsi été séparés de leurs familles entre le 5 mai et le 9 juin. Près de la frontière mexicaine, ils sont regroupés dans de vastes bâtiments ou des camps de mineurs. Sur une vidéo on peut voir certains de ces enfants dans un camp, entassés dans des cages grillagées où ils restent enfermés 22 heures par jour sans aucun moyen de communiquer avec leur famille. Selon Le Monde, les enfants y passent en moyenne une cinquantaine de jours, avant d'être remis à leurs parents grâce à « des tests ADN et dentaires ».
 
La polémique, qui grossit depuis plusieurs jours, a brusquement enflé lundi 18 juin, quand le site d'information ProPublica a publié un enregistrement recueilli dans l'un de ces centres. Le document, transmis anonymement au média par le biais une avocate spécialiste des Droits de l'Homme, date de la semaine dernière.
 
Sur celui-ci, on peut entendre, en fond, des pleurs et des cris d'enfants. Une fillette du Salvador, interrogée par un agent de patrouille frontalière, récite le numéro de téléphone de sa tante pour qu'elle vienne la chercher, en insistant pour que les agents l’appellent. On peut aussi entendre un petit garçon dire, d'une voix inquiète, qu'il vient du Guatemala. D’après CNN, les mineurs de ce centre ont entre 4 et 10 ans et l'enregistrement a été effectué dans les 24 heures suivant la séparation d'avec leurs parents.
 
Et si une majorité de Républicains soutiennent la « tolérance zéro », les deux tiers des Américains la rejettent, selon deux sondages, Quinnipiac et CNN, publiés ce lundi 18 juin. Du côté des associations et des membres de tous les partis politiques américains, les réactions se multiplient. Séparer les familles n'est « rien de moins que de la torture" selon la directrice américaine d'Amnesty International Erika Guevara-Rosas et est jugé comme totalement « inadmissible » par l'ONU. La cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, elle, a dénoncé « une politique inhumaine et barbare ». Melania Trump, la Première dame, pourtant peu habituée à faire des déclarations médiatiques, a confié, par la voix de sa porte-parole, détester « voir des enfants séparés de leur famille » et penser que son pays « doit respecter la loi mais doit aussi être gouverné avec cœur ».
 
La ministre de la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen a affirmé que les rumeurs de mauvais traitements des enfants dans les centres étaient fausses. Pour elle, la plupart des mineurs migrants n'ont pas été isolés. Elle a souligné que les familles qui se présentent spontanément au poste de frontière pour demander d'asile ne sont, elles, pas séparées.
 
Pour l'administration de Trump, le but d’une telle politique est de ne pas encourager l'immigration en ne punissant pas les personnes accompagnées de mineurs. « Nous ne pouvons pas et n'allons pas encourager les gens à amener des enfants en leur donnant une vaste immunité face à nos lois », s'est ainsi justifié, Jeff Sessions, le ministre de la Justice. « Les États-Unis ne deviendront pas un camp pour migrants et nous ne deviendrons pas un centre de rétention pour réfugiés », a quant à lui promis Donald Trump, lundi 18 juin, tout en se disant malgré tout, attristé par le sort de ces mineurs.
 
Pour le président des Etats-Unis, tous les torts reviennent à la minorité démocrate qui empêche une réforme migratoire. « Ce qui arrive est tellement triste. Et cela pourrait être réglé rapidement, magnifiquement, et nous serions en sécurité », déclare-t-il. Au Congrès, républicains et démocrates s'affrontent, en effet, depuis des mois, au sujet d'une possible réforme sur l'immigration. « Certains dans l'administration ont décidé que cette politique cruelle renforçait leur pouvoir d'influence » a publié sur Facebook Ben Sasse, un sénateur républicain. Pour lui, il est inacceptable que la maison blanche prenne ainsi des enfants en otage pour faire avancer le débat sur la réforme migratoire.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article