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«Ligue du LOL» : Le journaliste Vincent Glad reconnaît qu'il était l'une des « six ou sept personnes» derrière le compte Twitter @Foutlamerde

Le créateur du groupe Facebook « La Ligue du LOL » avoue avoir « posté 15 à 20 % du contenu » de @Foutlamerde, un compte notamment utilisé pour harceler et se moquer de plusieurs utilisatrices de Twitter.
 
- La « Ligue du LOL », un groupe secret d’une trentaine de journalistes et communicants très influents, est accusée d’avoir harcelé une douzaine de victimes sur Twitter, surtout des femmes, à partir de 2009.
 
- Une victime présumée, Florence Desruol, affirme à 20 Minutes que le créateur du groupe, Vincent Glad, et d’autres membres de la LdL, ont notamment eu recours à des comptes Twitter anonymes pour l’attaquer en ligne.
 
- Mis à pied à titre conservatoire par Libération, Vincent Glad, qui a travaillé chez 20 Minutes puis à Slate, a d’abord nié avant de reconnaître qu’il était « effectivement une des six ou sept personnes à avoir le mot de passe du compte » @Foutlamerde.
 
« J’ai été traitée de pute. J’ai été dénigrée. J’ai eu droit à mon photomontage avec ma tête sur une actrice porno posté publiquement. Je ne parvenais plus à ouvrir mon PC ni à lire mes mails. Ils étaient d’abord deux, puis beaucoup plus. Ils ont dit que j’étais folle. J’en ai fait un burn-out de huit mois. Mais il ne reste presque plus aucune trace en ligne, c’est comme si mon harcèlement n’avait pas existé. » Presque dix ans après les faits, Florence Desruol a encore la voix qui tremble quand elle raconte les attaques qu’elle dit avoir subies sur Twitter par plusieurs membres de « La ligue du LOL » (LdL) pendant des années. Mais ces « LOLeurs » le savaient pourtant mieux que quiconque : rien ne disparaît vraiment du Web, et l’anonymat n’y est que relatif.
 
Florence Desruol, très active sur Twitter dès les débuts du réseau (d’abord par ses veilles d’info puis, à partir de 2012, dans le marketing et la communication politique pour la campagne de Nicolas Sarkozy) accuse notamment le créateur de groupe Facebook de la LdL, le journaliste Vincent Glad (qui a été auparavant salarié de 20 Minutes en 2008-2009) d’avoir utilisé plusieurs comptes sous pseudonyme pour l’attaquer entre 2009 et 2011, notamment via @foutlamerde. « Ils se prenaient pour des dieux de Twitter. Souvent, ils partageaient des liens sans en créditer le véritable auteur. J’étais l’une des rares qui osait les clasher. Mais du clash, on est passé à du harcèlement en meute », affirme la quadragénaire.
 
Contacté mardi par 20 Minutes, Vincent Glad, mis à pied à titre conservatoire par Libération lundi, a d’abord nié en bloc : « Non je ne faisais pas partie de @foutlamerde, je ne sais pas qui c’est. » Pourtant, le site Numerama a exhumé sa vieille page personnelle Pearltrees (une sorte de Pinterest collaboratif avant l’heure). On y trouve encore un lien vers une archive vide, effacée à une date indéterminée. Son nom : « Naissance de @foutlemerde ».
 
Quelques heures plus tard, Vincent Glad change sa version : « Concernant @foutlamerde, j’étais effectivement une des six ou sept personnes à avoir le mot de passe du compte. Je pense avoir posté 15 % à 20 % du contenu. J’ai plusieurs fois demandé à ce qu’on ferme le compte parce que ça devenait invivable pour moi, on me soupçonnait d’écrire des tweets que je n’avais pas écrits. Ça n’a pas été fait. C’était une erreur. » Le journaliste, qui compte 140.000 followers sur Twitter, dément toutefois avoir effacé sa « collection » sur PearlTrees. Il affirme qu’il ne s’agissait que d’un lien (une sorte de favori) vers une archive créée et effacée par quelqu’un d’autre. C’est, au vu du fonctionnement du site, une possibilité.
 
Florence Desruol accuse également un autre journaliste, François-Luc Doyez, pigiste pour Slate à cette époque et mis à pied par Les Inrocks mardi, selon Le Monde, de s’être caché derrière @foutlamerde pour l’attaquer. « Il utilisait Tweetdeck pour jongler entre différents comptes. Une fois, il a dû se tromper et a posté une attaque depuis son compte personnel », affirme-t-elle. Contacté par 20 Minutes, François-Luc Doyez n’a pas souhaité répondre.
 
L’accusatrice dit également avoir été attaquée par Alexandre Hervaud, mis à pied à titre conservatoire par Libération, depuis son compte personnel. Le journaliste Gilles Klein (Atlantico) confirme avoir été le témoin des attaques de la LdL : « Oui j’ai vu les messages de harcèlement dont elle a fait l’objet, elle m’en parlait plusieurs fois par semaine soit par message soit par téléphone ». Selon notre décompte, une demi-douzaine de membres de la Ligue ont effacé plusieurs centaines de tweets de leur compte personnel ces derniers jours.
 
Florence Desruol n’est pas la seule victime de @Foutlamerde. Ce compte collectif a également régulièrement pris pour cible l’autrice féministe Daria Marx et la blogueuse Capucine Piot. On retrouve encore aujourd’hui de nombreux tweets misogynes et grossophobes, qui parlent d’eux-mêmes. « A la relecture des messages aujourd’hui, je suis choqué par ce qui a pu y être écrit. Même si ce compte était très suivi, il ne suscitait pas du tout la même émotion qu’aujourd’hui », réagit Vincent Glad.
 
Selon Florence Desruol, celui qui faisait les montages pornographiques était Stephen Des Aulnois, qui était sur Twitter sous le compte @DesGonzo. « C’était l’expert du groupe. » Ce dernier a reconnu dans l’enquête de Libération avoir fait un montage visant Daria Marx. Il a depuis annoncé qu’il se retirait « du poste de rédacteur en chef du Tag parfait », un site sur la culture porno.
 
Florence Desruol affirme qu’elle a « alerté Johan Hufnagel lorsqu’il était à Slate » fin 2009 pour le prévenir que « plusieurs de ses employés » la harcelaient. Selon elle, le cofondateur de slate.fr, qui a également été rédacteur en chef de 20minutes.fr lui a dit « de laisser passer, que c’était du clash, que ça se tasserait. Il m’a assuré qu’il leur dirait d’arrêter mais ça a continué. »
 
Aujourd’hui directeur de la rédaction du site vidéo Loopsider, Johan Hufnagel a confirmé à Numerama qu’il s’était entretenu avec Florence Desruol au téléphone : « Elle tenait un discours un peu décousu, ce qui semblait confirmer ce que je pensais. Est-ce que dix ans plus tard, je penserais la même chose ? Non. Evidemment, la victime n’est sans doute pas celle que je pensais. » Sur Twitter, le journaliste a démenti avoir été au courant de l’existence du groupe Facebook de la Ligue du LOL : « J’ignorais même l’existence d’une page/groupe. Je savais qu’il y avait une bande de potes à aimer les clashs, mais j’ignorais tout de l’ampleur des harcèlements. »
 
Pourtant, en 2011, Johan Hufnagel ironisait sur la « dénonciation calomnieuse » de «
Ligue du LOL: Vincent Glad reconnaît avoir cogéré un compte Twitter anonyme

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https://www.20minutes.fr/high-tech/2449775-20190213-ligue-lol-journaliste-vincent-glad-reconnait-6-7-personnes-derriere-compte-twitter-foutlamerde

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