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Décès de Denis Lalanne, la plume qui a sublimé les exploits du XV de France

Le journaliste et écrivain, célèbre pour ses récits épiques autour du rugby, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 93 ans.
 
Le journaliste et écrivain Denis Lalanne, l’une des plus grandes plumes de la presse sportive, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 93 ans, a annoncé L’Equipe. Denis Lalanne s’était rendu célèbre pour ses livres où il contait les exploits du XV de France : Le grand combat du XV de France, sur la tournée des Bleus en Afrique du Sud en 1958, ou celle de 1964, La Peau des Springboks, ou encore Le temps des Boni, sur les frères André et Guy Boniface. Des livres qui avaient fait vibrer plusieurs générations d’amateurs de ballon ovale.
 
Récemment, ce natif de Pau, qui vivait à Biarritz, était revenu sur sa riche carrière lors d’une longue interview à L’Equipe. Il confiait que «les héros de (sa) génération, c'étaient Joseph Kessel, Antoine de Saint-Exupéry, Jean Mermoz, des mecs qui partaient à travers le monde. On avait connu une jeunesse tellement confinée pendant l'Occupation qu'on n'avait pas simplement faim de chocolat, de gigot mais de découverte, on voulait bouffer le monde entier !» Son style ? «J'avais une bonne calligraphie, elle me donnait l'impression de mettre du dessin dans l'écriture. Après, je ne recherchais pas des mots extravagants. Ce qui m'importait le plus, c'est la musique, la musicalité de la phrase, les mots devenant des notes.»
 
«La télévision a fait des rugbymen des stars mais, à l'époque, ils étaient des antistars. Je partageais leurs chambres, je me saoulais la gueule avec eux, on était des copains». Disait-il.
 
Denis Lalanne, qui était notamment proche d’Antoine Blondin et Jean Cormier avec qui il avait partagé de nombreuses troisièmes mi-temps, avait également couvert les grands événements de tennis, de golf et d’athlétisme. Après avoir commencé sa carrière à La République des Pyrénées, il avait travaillé pour Le Figaro avant de rejoindre L’Equipe. A la retraite, il continuait à écrire des chroniques pour Midi Olympique. Il aurait dû recevoir, dans les jours qui viennent, le prix de l'Académie-Française pour son dernier roman Dieu ramasse les copies.
 
Ses récits ont fait voyager plusieurs générations de passionnés d’ovalie, à une époque où le rugby était un sport confidentiel et régional, la télévision ne couvrant pas encore les matches des Bleus. Alors la plume de Lalanne palliait cette absence. Lalanne racontait dans L’Equipe : «Un jour, le journaliste Pierre Lazareff avait demandé à Blaise Cendrars qui avait écrit la Prose du Transsibérien : "Tu as vraiment pris le Transsibérien ?" Cendrars avait répondu : "Mais qu'est-ce que ça peut foutre que je l'ai pris ou pas puisque je fais voyager le lecteur ?" Disons comme Cendrars, oui, j'ai sublimé. À mon insu. Depuis ma jeunesse sous l'Occupation, j'éprouvais le besoin d'inventer, d'enjoliver les choses.» Et d’ajouter : «La télévision a fait des rugbymen des stars mais, à l'époque, ils étaient des antistars. Je partageais leurs chambres, je me saoulais la gueule avec eux, on était des copains.» Ce n’est pas pour rien que Denis Lalanne avait été surnommé le «seizième homme du XV de France».

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