«Echange restaurant contre place à la RATP» : L’annonce provoc’ d’un restaurateur de Boulogne - Les Infos Videos
Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les Infos Videos

Les Infos Videos

Le meilleur des Infos et des videos du moment. Retrouvez toutes les news 24h/24 et 7j/7.

«Echange restaurant contre place à la RATP» : L’annonce provoc’ d’un restaurateur de Boulogne

« Echange restaurant contre une place à la RATP ». Ce jeudi matin, excédé par une nouvelle journée interprofessionnelle de grève contre la réforme des retraites, Mathias Danjou, restaurateur de Boulogne-Billancourt, poste rapidement une annonce avec quatre photos de son établissement sur Le Bon coin.
 
Ce qu'il a voulu souligner à travers son post humoristique ? La pénibilité des métiers de la restauration. Des horaires décalés, de longues stations debout en cuisine, des semaines de 50 heures. « Cette pénibilité me paraît plus importante qu'à la RATP ou à la SNCF, lance-t-il. J'aimerais comprendre comment se passe leur semaine. Et je ne parle pas de ma cousine qui est infirmière, ce qui me semble être un métier encore plus éreintant. »
 
Le restaurateur boulonnais, qui gère avec son épouse « La salle à manger » dans la rue Gallieni, subit également une forte baisse de chiffres d'affaires depuis le début de la grève le 5 décembre dernier. « Je suis installé ici depuis 10 ans. J'ai de la chance, le resto a toujours bien fonctionné. Nous faisons entre 80 et 100 couverts par jour. Mais depuis le 5 décembre, nous subissons une baisse de 40 % de la clientèle », explique Mathias Danjou.
 
Sa clientèle du midi, essentiellement composée de salariés et cadres du quartier, privilégie désormais le télétravail ou un déjeuner sur le pouce au bureau pour pouvoir partir plus tôt le soir.
 
« Je suis l'actualité et j'ai de la peine pour les restaurateurs et les commerçants qui ne s'en sortent pas, reprend-il. Les pertes se chiffrent en centaines de millions d'euros ! Ce qui se passe est grave. Chaque soir, j'ai entre un et trois salariés qui dorment ici. Je n'ai pas les moyens de leur payer au quotidien des VTC à plus de 120 €. En cuisine, ils sont obligés de se lever à 4h30 du matin pour être là à l'heure. Mercredi, j'ai préféré donner sa journée à mon apprentie qui habite en Seine-Saint-Denis… »
 
Ce vendredi matin, à l'invitation de la chaîne M6, il a rencontré Baptiste Arsale, le secrétaire général de l'Unsa-Transports. Mais les deux hommes n'ont pas réussi à se comprendre. « On n'est pas là pour diviser les métiers, c'est le gouvernement qui doit prendre ses responsabilités », tente de convaincre le syndicaliste.
 
« Il ne se sent pas responsable de ce qui nous arrive, pour moi, ce sont eux qui paralysent la région », rétorque Mathias Danjou. La réforme actuelle est bien loin des préoccupations du restaurateur. « La retraite, c'est une utopie pour moi, souffle-t-il. Dans la restauration, nous n'aurons pas grand-chose. Moi si demain je dépose le bilan, je n'aurais le droit à rien, seulement le RSA. J'aimerais avoir les mêmes avantages que les salariés en CDI à la RATP, qui bénéficient d'un emploi à vie et d'une retraite anticipée. »
 
L'annonce, repérée par Le blog de Boulogne, vaut en tout cas au restaurateur de nombreux appels de soutien. Son téléphone vibre en continu. « Je reçois des messages de commerçants de toute la France et ça fait chaud au cœur, sourit-il. J'ai l'impression d'avoir eu raison de pousser un coup de gueule. Les gens voient les restaurateurs comme des nantis, alors que pas du tout. Tous les mois, j'ai 60 000 € de charges à payer quoi qu'il arrive. »
 
Il peut aussi compter sur le soutien de certains clients, comme celui-ci, croisé ce jeudi midi, qui va « tout tenter pour revenir déjeuner ! »
 
Une autre annonce provoc dans le même style :

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article