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Municipales : Édouard Philippe sera candidat tête de liste au Havre

Cette fois, c'est officiel. Édouard Philippe sera bien candidat pour les élections municipales.
 
C'est ce qu'a annoncé le Premier ministre dans une interview à Paris-Normandie, précisant qu'il serait tête de liste en mars prochain et qu'il ne quitterait pas Matignon s'il était élu.
 
« Ma décision est prise. Je l'ai mûrie comme toute décision importante. J'ai décidé d'être candidat à la mairie du Havre comme tête de liste. […] Dans une démocratie, le fondement de la légitimité, c'est l'élection », a déclaré Édouard Philippe, maire de la cité normande entre 2010 et 2017, année où Emmanuel Macron l'a nommé Premier ministre.
 
« Nos concitoyens ne veulent surtout pas de responsables politiques hors-sol. Je suis heureux de pouvoir me confronter à nouveau au suffrage universel et je pense que c'est très sain », a-t-il fait valoir.
 
Édouard Philippe, attendu vendredi soir en meeting au Havre, met ainsi fin à plusieurs mois de suspense autour de sa candidature, dont il avait avivé l'hypothèse en septembre dernier en rappelant, dans une déclaration d'amour publique à la ville, que ses « tripes » d'arrière-petit-fils de docker avaient « un goût d'eau salée ».
 
« Proposer aux Havraises et aux Havrais un projet pour six ans, obtenir leur confiance, tout cela est indispensable si l'on veut faire bouger les choses », a-t-il ajouté.
 
Le Premier ministre, à qui l'on avait prêté des intentions à Paris en vue de ce scrutin, a assuré n'avoir « jamais envisagé un engagement politique ailleurs qu'au Havre », où il est élu depuis 2001 et a fait carrière, d'abord sous le tutorat de l'emblématique maire Antoine Rufenacht.
 
« C'est la ville que j'aime. C'est là que sont mes attaches », a plaidé celui qui ne manque pas une occasion de chanter les mérites du port dans ses interventions publiques.
 
« C'est ici et nulle part ailleurs que je veux me confronter au suffrage universel », a-t-il insisté.
 
Élu au premier tour en 2014 sous l'étiquette UMP (désormais Les Républicains) avec 52 % des voix, Édouard Philippe a souligné que « sa plus grande ambition » était de redevenir maire à terme.
 
Une fonction qu'il décrit en privé comme « l'échelon de l'action publique qu['il] préfère ».
 
En attendant, « si le président de la République continue à m'accorder sa confiance, je continuerai à remplir ma mission de Premier ministre parce qu'on ne se dérobe pas quand il s'agit de servir son pays », a-t-il poursuivi.
 
Ainsi, s'il était élu au soir du 22 mars prochain, il proposerait que l'actuel maire (LR) Jean-Baptiste Gastinne conserve le fauteuil.
 
Et « le jour où ma mission s'achèvera à Matignon, je souhaite, si les Havrais me font confiance évidemment, redevenir maire parce que c'est là que je veux continuer à m'investir, parce que je veux que Le Havre poursuive sa transformation. C'est cela, l'essentiel », a-t-il fait observer.
 
La candidature du Premier ministre a immédiatement suscité les critiques.
 
« Ça en dit beaucoup sur la fébrilité de La République en marche qui a peur de ne pas gagner de mairie tant leur personnel politique n'est pas au niveau de ces élections municipales, et qui déguise des Républicains […] ou des élus socialistes en Marcheurs », a estimé Sébastien Chenu, le porte-parole du parti de Marine Le Pen, sur France 2.
 
Mais, pour Édouard Philippe, « se présenter aux élections, ce n'est pas de la politique à l'ancienne, c'est de la politique dans ce qu'elle a de plus noble », a-t-il fait valoir sur France Bleu Normandie : « Je préfère bien plus les responsables politiques qui sont élus et vont expliquer aux électeurs ce qu'ils veulent faire plutôt que des gens qui n'auraient pas ce lien et cette légitimité. »
 
Sans préciser les contours de son programme qu'il qualifie d'« ambitieux », Édouard Philippe a assuré dans Paris-Normandie qu'il mènera « une campagne intense au Havre », tout en remplissant ses « obligations à Paris », alors que la réforme des retraites continue son parcours par l'examen au Parlement et par des discussions avec les partenaires sociaux.
 
Toutefois, dans ce contexte tendu, il a récusé toute tentative de « tirer des élections du Havre des leçons nationales ».
 
« Les commentateurs commenteront, ils adorent cela… Ce n'est pas mon sujet. Je veux parler du Havre et de ce que je veux faire pour la ville », a-t-il évacué.
 
Notant que la mobilisation contre la réforme des retraites a été « forte » au Havre, il a estimé sur France Bleu Normandie que « ce qui intéresse au moins autant les Havrais, c'est ce qui va se passer dans les six années qui viennent » en termes de « projets ».
 
« Il va voler l'élection municipale aux Havrais », car le scrutin risque de « se transformer en référendum pour ou contre la politique nationale » du gouvernement, au détriment des enjeux locaux, a estimé auprès de l'Agence France-Presse le député PCF Jean-Paul Lecoq, également candidat à la mairie.
 
Mais, veut-il espérer, ce pourrait aussi être aussi l'occasion pour la gauche de se « rassembler », alors qu'EELV et le PS, sans le PCF, feront liste commune.
 
Édouard Philippe « s'est un peu servi du Havre comme d'un marchepied, il ne faudrait pas que ça devienne un trampoline non plus, mais clairement, c'est son plan de retraite », tacle l'écologiste Alexis Deck, élu municipal depuis 2014 au Havre et à la tête de cette liste.

L’eurodéputé EELV Yannick Jadot a jugé vendredi «profondément scandaleux» que le Premier ministre Edouard Philippe se présente aux municipales au Havre comme tête de liste alors que la France est «en burn-out social».

Au moment où «la situation sociale est explosive» et que les Français dans les sondages se montrent «soit révoltés, soit résignés», «qu’un Premier ministre considère qu’il a autre chose à faire que de gérer les dossiers de la France pour devenir candidat à une élection municipale où il dit déjà qu’il n’occupera pas les fonctions de maire, je trouve ça profondément scandaleux», a déclaré M. Jadot sur Europe 1.

«Est-ce que le boulot de Premier ministre est un boulot à mi-temps ?», a interrogé M. Jadot.

«Il se fout des Havraises et des Havrais et se moque des Françaises et des Français».

«Pour moi c’est une forme de démission face aux difficultés des Français et y compris un manque de respect profond vis-à-vis des habitants du Havre, car au fond il dit je suis candidat mais je ne m’occuperai pas de vous quand je serai élu, si je suis élu», a insisté l’eurodéputé.

Le député La France insoumise Éric Coquerel a appelé, pour sa part, le Premier ministre à « démissionner dès maintenant puisque son choix est manifestement de redevenir maire du Havre ».

Les Politiques qui critiquent, j'espère qu'ils ne se présentent pas en tant que Maire, car après, on le sait tous qu'ils vont également se présenter aux élections Présidentielles... C'est tout autant hypocrite que le choix d'E Philippe.

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