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Au plus fort de la crise du coronavirus, l’ambassadeur de France en Chine était en vacances en Bretagne

Alors que les fonctionnaires du Quai d’Orsay, à Paris et à Pékin, ont été sur le pont jour et nuit au surgissement de la crise, le numéro un de la France en Chine, Laurent Bili, était en congés.
 
Où était donc passé l'ambassadeur de France en Chine ? Selon Le Parisien, du 23 au 28 janvier, au plus fort de la crise liée au coronavirus et alors que les autorités françaises étaient en pleine organisation des opérations de rapatriement de ses ressortissants, il est un diplomate qui a brillé par son absence.
 
Mobilisés à tous les étages du ministère, week-end et nuits inclues, nombre d'agents du Quai d'Orsay ont murmuré avec étonnement le nom de ce collègue pourtant aguerri : Laurent Bili, énarque de 58 ans, en poste à Pékin depuis septembre, à la tête de la plus grosse ambassade de France à l'étranger. Dans cette maison habituée à gérer les tempêtes, les capitaines n'ont pas pour habitude de s'éloigner de leur navire alors que le vent souffle.
 
Le 22 janvier, Laurent Bili est arrivé à Paris pour quelques jours de vacances. Un séjour assorti d'un rendez-vous professionnel le 28 janvier. À cette date, il est prévu qu'il présente sa traditionnelle feuille de route comme nouvel ambassadeur, cinq mois après sa réelle prise de fonction à Pékin en septembre, un délai classique. Le choix de cette période pour ce déplacement n'a rien d'étonnant même s'il avait déjà pris des congés entre Noël et le 31 décembre : il s'agit des vacances du Nouvel an chinois, quand l'activité professionnelle décroît dans l'Empire du Milieu.
 
Sauf que c'est à cette période que les Chinois commencent à prendre la mesure de la crise sanitaire du coronavirus. Air-France suspend ses liaisons avec Wuhan le 22 janvier. Depuis Pékin, les fonctionnaires Français alertent sur la nécessité d'envisager des opérations de rapatriement. Les détails logistiques sont très vite évoqués.
 
Le vendredi 24 janvier, alors que Wuhan va être mise sous cloche pour éviter que l'épidémie se propage, Jean-Yves Le Drian, le patron du Quai d'Orsay, évoque en conseil des ministres l'hypothèse d'une évacuation des Français par voie terrestre. Finalement, les jours suivants, c'est la solution aérienne qui sera retenue.
 
Pendant cette phase de mobilisation à tous les échelons du pouvoir et de l'administration, l'ambassadeur, lui, n'est pas présent. Ni à son poste en Chine ni au Quai d'Orsay à Paris. C'est son numéro deux qui gère toute la crise sur place, lui dont le visage apparaît lors des réunions de visioconférence qui se tiennent au centre de crise du ministère… et que l'ambassadeur, pourtant présent en France, préfère sécher, se contentant d'échanges téléphoniques avec ses collègues.
 
Comble de malchance, au même moment, cinq des six consuls de France en Chine se trouvent à Paris pour suivre une formation. Notamment celui de Wuhan. Lui a toutefois largement contribué à ces journées au Quai d'Orsay, pour préparer ces missions délicates impliquant le retour de Français. 180 ont ainsi pu embarquer à bord d'un avion militaire de l'escadron Esterel pour rentrer en France le 31 janvier.
 
Ce consul, qui devait ensuite rester à Paris pour des raisons médicales, a malgré tout préféré anticiper son retour et rejoindre la ville au cœur de l'épidémie à bord de l'Airbus militaire français parti chercher les Français sur place.
 
Qu'a donc fait l'ambassadeur de France en Chine pendant ces journées délicates ? Selon Le Parisien, il serait resté… en vacances en Bretagne. « J'ai été en contact permanent avec mon numéro deux et adressé un message de soutien à mes équipes sur notre groupe Wechat », indique l'ambassadeur, qui confirme s'être accordé un « week-end » et qui ne précise pas ce qu'il faisait entre le jeudi 23 et le mardi 28 janvier, jour de la fameuse présentation de sa feuille de route. Comme pour se dédouaner, l'intéressé décrit une crise qui a « évolué de manière très brutale et rapide et continue de le faire ».
 
De son côté, le ministère des Affaires étrangères assure que Laurent Bili est finalement rentré « de façon anticipée » à Pékin… le 31 janvier, alors que sa date de retour était prévue le 5 février. Aucune explication officielle n'est apportée quant à l'emploi du temps de l'ambassadeur quant aux cinq journées de crise intense. « Il avait pris quelques jours pour respirer, essaie de minimiser une source au Quai d'Orsay. Un ambassadeur a aussi besoin de respiration. Il était tenu informé. Le présentéisme n'est pas un gage de mobilisation. » L'absentéisme non plus.

Une polémique pour rien...

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