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Congé après la mort d'un enfant : Macron demande de "l'humanité" au gouvernement

Cette annonce intervient au lendemain d'un vote de l'Assemblée contre une proposition qui visait à porter de cinq à douze jours le congé après la perte d'un enfant.
 
Emmanuel Macron a demandé ce soir au gouvernement de faire preuve d'humanité dans le soutien aux parents confrontés au deuil d'un enfant, après le tollé, de l'extrême gauche au patronat, provoqué par un vote de la majorité à l'Assemblée nationale, a indiqué ce soir l'Elysée.
 
De son côté Muriel Pénicaud a reconnu ce samedi que le gouvernement avait fait "une erreur" en s'opposant à une proposition de loi pour porter de cinq à douze jours le congé donné aux parents après le décès d'un enfant, une décision critiquée de toute part, y compris par le chef de l'Etat.
 
"Face au deuil, il faut du soutien psychologique et nous allons le renforcer. Mais il faut aussi un temps de répit. Sur ce sujet, le gouvernement reconnaît une erreur qu'il entend rapidement corriger", a dit la ministre du Travail, s'engageant "à trouver dans les tout prochains jours les solutions" pour un allongement à 12 jours.
 
Muriel Pénicaud et le secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance Adrien Taquet avaient annoncé vendredi une "concertation" pour "déterminer les mesures pertinentes de soutien aux parents en cas de perte d'un enfant, y compris une meilleure organisation des congés".
 
Cette annonce est intervenue au lendemain d'un vote de l'Assemblée contre une proposition UDI-Agir qui visait à porter de cinq à douze jours le congé d'un salarié venant de perdre un enfant.
 
Pendant une heure ce matin du 30 janvier 2020, les députés se sont déchirés dans l’hémicycle autour d’une question : faut-il allonger de cinq à douze jours le congé légal accordé pour le décès d’un enfant mineur ?
 
Le député du Nord, Guy Bricout (UDI), avait déposé une proposition de loi en ce sens.
 
Le gouvernement s’y est opposé, estimant qu’il ne revenait pas aux entreprises de financer cet acte de solidarité à l’égard des parents endeuillés.
 
Le groupe parlementaire LREM a suivi l’avis du gouvernement.
 
La proposition a été rejetée par 40 voix contre 38, la majorité estimant notamment que le salarié endeuillé pouvait bénéficier de jours de congés offerts par ses collègues.

Le rapporteur Guy Bricout (UDI-Agir) avait jugé que cinq jours n'étaient «pas à la hauteur» pour «reprendre pied suite à la mort d'un enfant», en appelant à l'«humanité» de ses collègues.

Il a rappelé que chaque année en France, 4.500 enfants meurent avant d'avoir atteint la majorité.

En réponse, Sereine Mauborgne (LREM) avait défendu la «possibilité pour l'employeur de créer un compte de don» de RTT, la ministre du Travail mettant aussi en avant que le texte tel que rédigé ne reposait pas sur la solidarité nationale, mais sur un congé «payé 100% par l'entreprise».

Ces propos ont soulevé l'indignation dans l'hémicycle.

«On parle de la tragédie des tragédies», a lancé François Ruffin de La France insoumise, dénonçant une majorité «mesquine», tandis que le député de droite Pierre Cordier dénonçait une «honte».

Vendredi matin, c'est le président du Medef lui-même, Geoffroy Roux de Bézieux, qui a demandé un nouveau vote en faveur des douze jours.

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