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Liquidation de "France-Antilles" : Plus de presse quotidienne aux Antilles et en Guyane

Il n'y aura plus de quotidien papier en Martinique, Guadeloupe et Guyane : la liquidation judiciaire de France-Antilles entraîne la disparition des trois éditions du journal, et le chômage pour les 235 salariés.

Suite à la décision du tribunal mixte de commerce de Fort-de-France, il n'y aura plus aucune édition du journal à partir de ce jour, à l'exception d'une ultime édition spéciale, le samedi 6 février, qui servira à financer le plan social.

Guadeloupe, Martinique et Guyane deviennent les seules régions à être privées d'un quotidien en France.

Après plusieurs mois d'incertitude, le groupe France-Antilles, ancienne filiale du groupe Hersant, était en redressement judiciaire depuis le 25 juin 2019.

Et le groupe, créé en mars 1964 à l'occasion de la visite officielle du président Charles de Gaulle en Martinique, n'a depuis pas réussi à trouver de repreneur fiable.

Pour Me Christophe-Arnaud Célenice, avocat des salariés du France-Antilles Martinique, c'est "la pire des décisions".

"Cela signifie qu'il y a, ce sera à peaufiner, 235 salariés qui se retrouvent sans emploi" et "sont au chômage dès aujourd'hui".

Dans leur une de jeudi matin, les salariés avaient fait part de leur pessimisme : "Chers lecteurs, vous avez peut-être entre vos mains la dernière édition de votre journal France-Antilles".

"Les Antilles et la Guyane seront les premières et donc les seules régions de France à être privées d'un journal quotidien", poursuit le quotidien en une, soulignant aussi "le cataclysme social" qui "jette à la rue 235 salariés et leurs familles".

Dans un communiqué commun, le ministre de la Culture Franck Riester, et la ministre des Outre-mer Annick Girardin "regrettent que la mobilisation d'investisseurs privés, aux côtés d'un soutien exceptionnel de l'Etat, n'ait pas été suffisante pour permettre un projet de reprise".

Les deux ministres "suivront avec la plus grande attention les conséquences sociales de cette liquidation judiciaire et l'accompagnement apporté aux salariés".

France-Antilles faisait face à des pertes de 500.000 euros par mois, pour un chiffre d'affaires annuel de 28 millions d'euros.

Son directeur général, Frédéric Verbrugghe, avait souligné à l'automne que "l'édition d'un quotidien dans chacun des trois départements demeurera structurellement déficitaire", à cause d'"un lectorat limité par sa géographie et sa démographie" et d'"un marché publicitaire contraint".

Le principal actionnaire du groupe, AJR Participations, société de Aude Jacques-Ruettard, petite-fille du patron de presse Robert Hersant, n'a pas réussi à boucler son plan de financement pour son offre de reprise, présentée le 14 janvier dernier.

Elle prévoyait de conserver 125 postes sur les 235 du groupe, avec la parution d'un tri hebdomadaire en Guadeloupe et en Martinique et une version numérique en Guyane.

Elle devait impérativement trouver 1,3 million d'euros supplémentaires, l'Etat ayant accordé une aide de trois millions à ajouter aux trois autres millions d'euros issus d'investisseurs.

In fine, seules les filiales radio des trois éditions sont cédées à un repreneur.

"France Antilles disparaît... horrible nouvelle pour la presse et la démocratie, à l'instar de ce qui se passe aux USA où 1.800 titres régionaux ont déjà disparu !", a estimé Jean-Michel Baylet, président de l'Alliance de la presse d'information générale, dans une déclaration à l'AFP.

"Nous voyons là, entre autres raisons, la conséquence néfaste de l'action des GAFA et de leur refus d'appliquer les textes adoptés par l'Union Européenne et le Parlement français", a ajouté M. Baylet, appelant le président de la République à "agir".

Lors de ses voeux à la presse mi-janvier, Emmanuel Macron avait assuré que "des mesures spécifiques" seraient prises pour aider la presse en Outre-mer, "particulièrement fragilisée".

"L'information est un maillon essentiel de la démocratie, nous ne pouvons donc que déplorer cette grande perte", a réagi la sénatrice de Martinique Catherine Conconne, tandis que la présidente du Conseil départemental de Guadeloupe, Josette Borel-Lincertin, voit dans cette liquidation "un désastre pour les salariés, un désastre pour les lecteurs, un désastre pour le pluralisme dans nos territoires", et "un nouveau signe d'abandon de nos territoires".

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