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«On n’est pas couché» : Le talk-show de Ruquier bientôt mis en sommeil ?

« On n'est pas couché » traverse actuellement une forte zone de turbulences. Et l'équipe de Laurent Ruquier a intérêt à accrocher sa ceinture, car ça risque de secouer. Et fort. « ONPC » est tout en haut de la pile des dossiers brûlants que doit gérer Takis Candilis, le patron des programmes de l'ensemble du groupe France Télévisions.
 
« Nous ne sommes qu'en février, il est beaucoup trop tôt pour parler de la rentrée car rien n'est définitivement fixé, mais une chose est sûre : Laurent Ruquier sera présent en septembre sur nos antennes, avec ONPC ou autre chose », assure le grand patron, qui ne veut surtout pas se fâcher avec l'animateur populaire des « Grosses Têtes », qui a su relancer avec intelligence « Les Enfants de la télé » en 2017.
 
Laurent Ruquier, lui, n'a pas souhaité répondre à nos questions. « Laurent n'a pas encore pris sa décision », certifie son entourage auprès du Parisien. « Comme d'habitude, il bosse énormément et n'a pas l'attitude de quelqu'un qui a renoncé », relève un proche. À l'étage de la direction de France Télévisions, pourtant, tout le monde sait que l'émission ne passera pas l'été.
 
« Ils jouent sur les mots. Ce n'est pas officiel, évidemment, mais l'arrêt en juin est acté avec Ruquier. On commence déjà à réfléchir à la suite », explique-t-on dans les couloirs. « Takis Candilis marche sur des œufs car il veut garder Ruquier, à qui M6 fait la danse du ventre », décrypte un autre. Chez « Tout sur l'écran », la société de Catherine Barma qui produit l'émission depuis 2006, on sent bien que le vent a tourné. « Le sujet est tabou, personne n'ose en parler, mais on sent tous que la fin approche… », lâche un salarié, dépité.
 
En audiences, le talk-show du samedi soir ne cesse de perdre de l'altitude depuis septembre. Au point d'atteindre la semaine dernière son plus bas historique, avec seulement 673 000 téléspectateurs et 11,4 % de part de marché. La nouvelle formule, inaugurée à la rentrée, où les polémistes Christine Angot et Charles Consigny ont laissé la place à des chroniqueurs différents chaque semaine, n'a pas inversé la tendance. Après avoir fait les belles nuits de France 2 depuis 2006, l'émission a perdu la moitié de son public en moins de quatre ans.
 
Qu'il semble maintenant loin le temps où Laurent Ruquier se disputait avec Cyril Hanouna le titre de « premier talk-show de France ». Aujourd'hui, « On n'est pas couché » est largement dépassé par ses concurrents du soir. Surtout par « Quotidien », de Yann Barthès, sur TMC, et « C à vous », d'Anne-Elisabeth Lemoine, sur France 5, qui mélangent comme lui info, débat et humour.
 
« L'actualité s'est sensiblement accélérée. Et c'est compliqué pour ONPC d'être enregistré le jeudi soir, 48 heures avant sa diffusion. Quand Benjamin Griveaux démissionne un vendredi matin, ils sont cuits, car ils ne peuvent pas être en direct », observe un concurrent. Ce qui explique la désaffection d'une partie du public, notamment les plus jeunes ? Car l'âge moyen de ses téléspectateurs est passé de 51,5 ans, lors du lancement en 2006, à 57 ans entre 2014 et 2016. Il a grimpé à un peu plus de 59 ans depuis le début de l'année 2020.
 
« Avant, je regardais toutes les semaines, je guettais les invités, mais j'ai perdu le réflexe », confirme Camille, quadragénaire de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), qui préfère désormais les talk-shows quotidiens. Et les stars en ont conscience. Elles optent pour le même choix et se font plus rares chez Ruquier. « Ce samedi, l'invitée la plus connue était Bérengère Krief. La semaine dernière, notre tête d'affiche était Philippe Manœuvre… À leurs côtés, que des inconnus. Ce n'est pas comme ça qu'on risque de reconquérir les téléspectateurs », peste une petite main d'ONPC.
 
Pourtant, les attachés de presse de théâtre, de musique ou de cinéma ne boudent pas, bien au contraire. « On continue d'envoyer nos artistes, car l'émission est regardée par des gens qui achètent des livres et vont voir des films », explique un professionnel influent. « On conseille à nos auteurs d'y aller, car il n'y a pas tant d'émissions que ça où on parle de livres, confirme une maison d'édition, avant d'espérer : et rien que pour ça, elle mérite d'être maintenue. »
 
C'est aussi ce qui va se jouer dans les prochains mois : imaginer un nouveau rendez-vous le samedi soir qui continue de parler de culture au plus grand nombre. Et rares sont ceux qui, comme Laurent Ruquier, y montrent du talent.
 
Ce jeudi soir, devant le Studio Gabriel, à Paris (VIIIe), où l’émission est tournée chaque semaine, les fans sont au rendez-vous. Les habitués qui viennent chaque semaine, et des curieux en vacances dans la capitale. Et tous ont un avis sur l’évolution de « On n’est pas couché ». « L’ambiance est toujours bonne, mais il manque un humoriste régulier, je pense », estime Evelyne, ancienne boulangère de Morsang-sur-Orge (Essonne).
 
À ses côtés, Paulette, une Parisienne de 77 ans, maugrée : « Christine Angot et Charles Consigny, je les ai supportés… Je préfère que ça change chaque semaine. La dernière fois il y avait Valérie Trierweiler, c’était bien. Mais les polémistes ne sont pas bons chaque semaine ! » « Avant, il y avait trop de tensions, maintenant, parfois, c’est trop mou ! », s’accordent les deux retraitées, pourtant fidèles parmi les fidèles.
 
Cette contradiction est relevée par Gilles, 67 ans, de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine). « Les tensions étaient parfois lassantes, mais elles rendaient le débat intéressant. Il faut revoir un peu l’émission pour qu’elle soit plus dynamique », assure celui qui apprécie l’émission pour « les invités de qualité ».
 
« C’est la dernière année à mon avis », regrette Laurence, 54 ans, de Montmorency (Val-d’Oise), qui attend son fils devant l’entrée du studio. « Je regardais tout le temps, moins maintenant. Ça dépend des invités », ajoute-t-elle. « « Ce serait dommage que ça s’arrête, mais je regarderai l’émission jusqu’au bout, et aussi ce qu’il y aura ensuite à la place. Et j’écouterai les Grosses Têtes dont mon mari est fan », conclut Paule, 67 ans, de Pantin (Seine-Saint-Denis).

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