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Tours s'engage contre la précarité menstruelle

Tours s'engage contre la précarité menstruelle
Les tabous liés aux règles tombent : pour lutter contre des situations financières difficiles, le nombre de collectes de protections se multiplient à Tours.
 
Acheter tampons et serviettes ou renoncer, faute de moyens ? Pour en finir avec le dilemme de la précarité menstruelle, l’élan semble surgir des facultés.
 
Au-delà des mots, des étudiants ont choisi d’agir « pour normaliser le sujet » et venir en aide aux plus fragiles d’entre eux, pour qui acheter des protections périodiques est devenu une difficulté. Ces mardi et mercredi, l’association des étudiants en pharmacie de l’université de Tours a lancé sa première collecte, de 10 h à 14 h, dans le hall de la faculté de pharmacie, sur le site de Grandmont. Avant elle, celle des futurs orthophonistes était parvenue à amasser 920 produits hygiéniques en février dernier, redistribués ensuite par la Croix-Rouge d’Indre-et-Loire à ses bénéficiaires.
 
Rencontre avec Sophie Barreau, co-organisatrice de la session 2019, satisfaite de constater que la prise de conscience dépasse désormais les murs de « sa » fac.
 
Quelle définition donnez-vous à la précarité menstruelle ?
 
« Celle d’un problème d’argent qui, une fois le loyer, l’abonnement de transport ou les charges payés, empêche des femmes de s’acheter des protections intimes. On parle de produits qui sont nécessaires mais pas accessibles. Ça ne doit pas être du luxe de pouvoir vivre cette période avec un peu de sérénité. »
 
La société semble découvrir le sujet…
 
« Parler des règles est encore tabou : des femmes sont mal à l’aise, à cause aussi de clichés encore prégnants. Et ça occulte le sujet du coût que les protections hygiéniques et toutes les dépenses qui peuvent y être liées induisent. »
 
Pourquoi avoir décidé de bouger ?
 
« J’ai commencé à me poser la question de comment faisaient ces femmes sans argent pour se protéger durant leurs règles : cela peut être une grosse galère alors que ça ne devrait pas. Nous ne connaissons pas, dans notre entourage, de personnes en situation de précarité, mais nous voulions en parler, sensibiliser les étudiants. Et agir. Si j’étais dans ce cas, j’apprécierais qu’on m’aide. »
 
Que sont devenus les produits collectés ?
 
« Les 920 produits d’hygiène que nous avons collectés ont été très rapidement redistribués par la Croix-Rouge à ses bénéficiaires. Ce sont des denrées rares, auxquelles les gens qui donnent habituellement ne pensent pas. »
 
Un problème de filles ?
 
« On peut espérer que ça aurait fonctionné autant si des garçons avaient proposé une telle collecte ! La filière orthophoniste est à 96 % féminine, on se sent forcément plus concerné, mais pas besoin d’être une femme pour donner et s’impliquer. »
 
Précarité économique = précarité sanitaire ?
 
« Et sociale ! Ce n’est pas normal de se dire que des femmes en arrivent à bricoler elles-mêmes des serviettes avec des vêtements ou du papier toilette. Ou carrément à ne plus se protéger et à se couper de toute vie sociale le temps de leurs règles, parce qu’elles craignent une tache sur leur pantalon ou le regard des autres… »
 
L’idée de distributeurs gratuits de protections, dès le collège, est évoquée dans un rapport parlementaire.
 
« Ça paraîtrait logique de voir s’installer des distributeurs. Cela aurait un coût, évidemment, mais je ne vois pas pourquoi on devrait payer pour quelque chose que nous sommes obligées d’avoir une fois par mois ! »

Source La Nouvelle République

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