"Au clair de la lune : Eliogabalo opéra de Paris" dans la nuit de lundi 9 à mercredi 10 mars à 00h15 sur France 2 - Les Infos Videos
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"Au clair de la lune : Eliogabalo opéra de Paris" dans la nuit de lundi 9 à mercredi 10 mars à 00h15 sur France 2

"Au clair de la lune : Eliogabalo opéra de Paris" dans la nuit de lundi 9 à mercredi 10 mars à 00h15 sur France 2

L'opéra "Au clair de la lune : Eliogabalo opéra de Paris" sera diffusé dans la nuit de lundi 9 à mercredi 10 mars à 00h15 sur France 2.

En 1667, Francesco Cavalli avait achevé son Eliogabalo, sans se douter que sa création en l’honneur des Habsbourg ne se ferait finalement pas et qu’il restait à attendre 332 ans pour que sa première représentation intégrale ait bel et bien lieu. Alors connu dans toute l’Europe, le compositeur était pourtant, au soir de sa vie, en pleine possession de ses moyens, qui s'étaient enrichis au contact du succès grandissant rencontré par ce genre musical encore tout neuf : l’opéra. Commencée trente ans auparavant, antérieurement à la création des derniers chefs d’œuvre de Monteverdi, la carrière lyrique de Cavalli allait en effet s’achever quelques années plus tard, en 1673, lorsque Lully créait ses premières tragédies lyriques.

L’écriture musicale d'Eliogabalo se fait l'écho de cette trajectoire empreinte de plusieurs mondes musicaux : foisonnant et plutôt dense, l’orchestre annoncerait presque le jeune Haendel tandis que le chant regarde encore vers les premiers temps du Dramma per musica. Si la frontière entre airs et récitatifs reste ténue, les vocalises, les cadences, les trilles parsèment la partition. Les lignes de chant conservent cependant une souplesse monteverdienne, qui suit l'action pas à pas et donne son souffle à une intrigue faite de soubresauts, d'enfièvrements érotiques et de monologues où le sexe est omniprésent. 

Cette histoire d'enfant-roi sadique et pervers qui connaît, pour châtiment de ses méfaits, une fin épouvantable (la plèbe en furie, ne parvenant pas à glisser sa dépouille dans les égouts, se résout à la jeter dans le Tibre), aurait pu attirer un metteur en scène ayant pour principale ambition de s’inscrire dans le glorieux sillage du Caligula de Tinto Brass. Mais Thomas Jolly est de la trempe de ceux qui n'ont pas besoin de provoquer pour marquer. Pour ses premiers pas à l'opéra, il ménage sagement ses effets, mise sur l'extrême élégance des éclairages chic et pop et d'un décor fait d'escaliers imbriqués, dessine surtout des mouvements au cordeau, demandant et obtenant des chanteurs qu'ils se meuvent en authentiques acteurs. Précédé d'une réputation d'enfant terrible du théâtre shakespearien, serait-il inhibé pour ses premiers pas dans le monde, forcément contraint, de l'opéra ? Il ne lui faut pourtant pas plus de quelques scènes pour offrir de saisissants instants de théâtre : la truculence revendiquée des scènes entre Zotico et Lenia, personnage de matrone dans la grande tradition de l'opéra de l'époque, l'extraordinaire attaque des hiboux dans le final du II, les pluies et les bains d'or au III comme les longs silences de la confrontation entre Eliogabalo et Gemmira sont peut-être les minutes les plus fortes d'un spectacle où rien ne semble forcé, où tout paraît aller de soi – et tout particulièrement les moments les plus fantasques.  

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