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Le coronavirus dope les ventes de « La Peste » d’Albert Camus en Italie

A chaque tragédie, son livre de chevet. En Italie, gagnée par la propagation du coronavirus, La Peste d’Albert Camus et L’Aveuglement du Portugais José Saramago, respectivement parus en 1947 et en 1995, connaissent un regain de faveur en librairie depuis le déclenchement de la crise sanitaire.
 
Selon un article du quotidien La Repubblica du 27 février, le chef-d’œuvre de Camus s’est envolé de la 71e à la 3e place sur le portail de vente en ligne Ibs.it, tandis que le récit de Saramago qui relate une épidémie foudroyante de cécité et le confinement des infectés afficherait une hausse de l’ordre de 180 % et se classerait en 5e position sur Amazon.it.
 
En France, il est prématuré d’évoquer une ruée comparable au phénomène enregistré par Paris est une fête d’Ernest Hemingway après les attentats terroristes de novembre 2015 ou par Notre-Dame de Paris de Victor Hugo après l’incendie de la cathédrale en avril 2019.
 
A la Librairie des Signes, enseigne indépendante de Compiègne, dans l’Oise, les ventes de La Peste restent modestes. Trois exemplaires sont partis en février, contre sept sur l’ensemble de l’année 2019. Chez Gallimard, l’éditeur du prix Nobel 1957, dont on célèbre cette année les 60 ans de la disparition de son auteur, la prudence est également de mise : « Il est encore trop tôt pour visualiser les ventes ou un impact – d’autant que nous vendons habituellement beaucoup ce titre et que nous sommes en plein anniversaire Camus – mais le titre remonte dans les panels », dit-on au service commercial.
 
Au fil des décennies, la Peste a donné lieu à de multiples lectures allégoriques. Pour Camus, le récit décrit « la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n’est pas nommé, tout le monde l’a reconnu, et dans tous les pays d’Europe, écrit-il en 1955 dans une lettre à Roland Barthes. […] La Peste, dans un sens, est plus qu’une chronique de la résistance. Mais assurément, elle n’est pas moins ».
 
Ce roman qui se déroule dans les années 1940, dans la ville d’Oran coupée du monde extérieur par peur de la contagion, dévoile les réactions contrastées d’une collectivité face à la maladie. « Ce qui était familier devient soudain menaçant. En cela, le livre de Camus fait probablement écho au ressenti de certains Français et Italiens en ce moment », observe l’universitaire Aurélie Palud, auteure d’une thèse en 2014 sur l’imaginaire des fictions épidémiques dans laquelle elle a analysé les effets de la quarantaine sur le rapport à la famille, à autrui, au langage.
 
« De même que la peste noire avait transformé les Juifs en boucs émissaires au Moyen-Age, l’épidémie actuelle fait émerger des peurs ancestrales, créant ou réveillant des représentations erronées de l’Autre (la stigmatisation des Asiatiques en France relève de ce phénomène) » observe-t-elle.
 
La Peste avait déjà suscité un regain d’intérêt au Japon après la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

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