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Les vidéos de l'INA du week-end du 7 mars

Les vidéos de l'INA du week-end du 7 mars

Chaque week-end je vous propose un florilège des vidéos de l'INA choisies par la rédaction de l'Institut National de l'Audiovisuel.

Aujourd'hui :

1967, les Bee Gees interprètent "Massachusetts"

« Feel I'm goin' back to Massachusetts, Something's telling me I must go home, And the lights all went out in Massachusetts, The day I left her standing on her own »… En 1967, le groupe britannique Bee Gees sortait son premier single, Massachusetts. Un véritable succès mondial, qui restait plusieurs semaines en tête des hits. Quelques semaines après sa sortie, le groupe l'interprétait à la télévision française, pour le plus grand bonheur des téléspectateurs.

6 mars 1980, Marguerite Yourcenar devient "Immortelle"

Le 6 mars 1980, Marguerite Yourcenar était la première écrivaine à entrer à l'Académie française. L'auteure des "Mémoires d'Hadrien" succédait à Roger Caillois. Une élection houleuse, pas vraiment du goût de certains académiciens.
 
Depuis la fondation de l'Académie française en 1635 par le cardinal de Richelieu, Marguerite Yourcenar est alors la première femme à rejoindre les bancs de la coupole du quai Conti. Ce 6 mars 1980, elle est élue au siège de Roger Caillois, (3e fauteuil). Pour l'heure, l'auteure profite d'une croisière dans la mer des Caraïbes. Le journaliste Maurice Dumay parvient à la rejoindre à bord du navire et à recueillir son opinion sur cette élection inattendue. Plutôt détendue, elle relativise cet événement et souligne son détachement envers les honneurs.
 
"Je perçois mal les événements. Les événements, très souvent, me semblent une nouvelle qu'on lit le matin dans le journal et qu'on oublie le lendemain".
 
Lorsque le journaliste lui demande si elle se voit avec un bicorne, elle répond amusée : "Pas du tout !", Étonné, il insiste : "Et avec un grand costume et une épée ?"
 
Hilare, l'écrivaine répond : "Une épée ! Sûrement pas et un costume non plus ! " Cette idée semble l'amuser. Après avoir éclaté de rire, elle poursuit :"Je ne me suis jamais posée en candidate à quoi que ce soit, alors il m'a semblé que ce serait un peu tard pour commencer."
 
De fait, c'est Jean d'Ormesson, grand admirateur de sa plume, qui a été l'artisan de cette révolution interne, en défendant bec et ongles la candidature de sa protégée. Ce que sait Marguerite Yourcenar, c'est que son élection a provoqué une sorte de schisme dans l'ancestrale coupole, bastion réservé aux hommes depuis l'origine.
 
D'ailleurs, le jour des résultats qu'annoncent Jean Mistler, l'ambiance délétère régnant parmi les "immortels" transparaît nettement. Ce reportage diffusé dans le 20h00 d'Antenne 2 en dit long sur l'ambiance.

1980 - Election Académie française

Au dépouillement, Marguerite Yourcenar obtient vingt voix, contre douze allant à son concurrent Jean Dorst. Trois votes contre et un votre blanc.
 
Interrogé, Jean Guitton, les lèvres pincées, reconnait : "Moi j'appartenais à l'opposition." Avec un sourire gêné, il se justifie ainsi : "parce que j'avais l'idée que…"
 
Il marque un bref silence pour chercher ses mots et poursuit comme une évidence : "L'Académie, n'est-ce pas, pendant 300 ans avait vécu sans femmes et elle pouvait encore vivre 300 ans sans…" Mais une voix féminine l'interrompt : "Ah ça, c'est très mal !"
 
D'autres préfèrent taire leur vote, comme André Chamson qui déclare : "Ah, cela ne vous regarde pas !" Il bafouille quelques explications, et quand Martine Laroche-Joubert lui demande : "Vous n'êtes pas anti féministe alors ? ", il s'insurge : "Oh, pas du tout. Pas du tout."
 
Comme pour se justifier, il ajoute : "J'ai une fille qui s'appelle Frédérique Hébrard, qui a fait un certain nombre de choses... Un livre, qui a tiré à un million et bien… Je trouve très bien ce qu'elle fait."
 
Mais lorsque la journaliste lui demande : "Vous êtes pour l'entrée d'autres femmes à l'Académie alors ? " Cette fois, le discours change : "Oh bien quand même ! On ne va pas se mettre 45 femmes et 22 hommes. Ça serait ridicule !"
 
Plus loin, Jean d'Ormesson, l'académicien audacieux à l'origine du "putsch", tente de calmer les esprits en rappelant le principe universel du vote : "La règle à l'Académie française est que celui, ou maintenant celle, qui est élue, est l'élue de tous."
 
Il ajoute pour expliquer son soutien à l'auteure des Mémoires d'Hadrien : "Je crois que Marguerite Yourcenar est l'un des plus grands écrivains vivants. Je pense que c'est un très grand honneur pour Marguerite Yourcenar d'être à l'Académie française et un honneur pour l'Académie française d'avoir parmi elle Marguerite Yourcenar. "
 
Retrouvons la lauréate sur son paquebot "Mermoz" où le journaliste l'interroge à présent sur cette élection et lui demande pourquoi à son avis un petit nombre d'académiciens dissidents a pris le risque de proposer sa candidature ?
 
Le Prix Fémina de 1968 s'avoue surprise : "Comme j'en connais très peu, j'ai aperçu quelques-uns de ces messieurs - d'ailleurs ce ne sont pas toujours ceux qui ont voté pour moi - et comme d'autre part, la plupart de ceux qui ont montré le plus d'enthousiasme et de bienveillance me sont totalement inconnus, je suppose que c'est parce qu'ils aimaient les livres ! Ce dont je leur suis infiniment reconnaissante."
 
Elle ironise sur cette bravade inattendue : "Je trouve assez beau qu'ils aient pris quelques risques, même parfois le risque de se faire insulter en mon honneur. Ça me touche beaucoup. C'est même ma raison d'accepter."
 
Marguerite Yourcenar sera reçue sous la coupole le 22 janvier 1981 par Jean d’Ormesson.
 
Prix Femina à l'unanimité en 1968 pour L'œuvre au noir, Grand Prix de littérature de l'Académie Française en 1977 pour son œuvre, auteure des Mémoires d'Hadrien.

1965, Belphégor, un feuilleton à succès… avant l'heure du Replay

Le 6 mars 1965, les téléspectateurs découvraient "Belphégor", un feuilleton en quatre épisodes qui allait les passionner. C'est le premier programme à avoir captivé autant de Français quatre samedis soirs de suite. Ce micro-trottoir témoigne de l'engouement général.
 
Belphégor, réalisé par Claude Barma, avec Juliette Greco et Yves Rénier fait date dans l'histoire de la télévision française. Le feuilleton rassembla près de 10 millions de Français à chaque diffusion de cette enquête menée autour d'un fantôme rôdant dans les couloirs du Louvre...
 
Des téléspectateurs captifs, aujourd'hui on connait, mais en 1965, c'est un exploit ! Si aujourd'hui, le Replay fournit aux fans de série une totale liberté de visionnage, à l'époque, il en était autrement. Chaque diffusion d'un épisode était un événement unique. Il ne fallait surtout pas rater le rendez-vous, sous peine de ne jamais connaître le dénouement de l'histoire.
 
Le 4 avril 1965, le lendemain du dernier épisode, l'équipe de Au-delà de l'écran se rend dans le quartier du Louvre, où se passe l'intrigue, et interroge les passants sur leur emploi du temps le samedi soir, ces quatre dernières semaine. Et surprise - ou pas - la majorité des téléspectateurs sont restés scotchés devant leur petit écran…
 
Pour cette femme, c'est une évidence : "Comme tout un chacun."
 
Un véritable plébiscite, du jamais vu jusqu'alors ! Une jeune-fille avoue même : "J'avais plusieurs sorties de prévues et je les ai annulées."
 
Ce jeune homme raconte qu'il n'était pas resté spécialement chez lui pour l'occasion mais reconnait quand même :"Je suis tombé par hasard dessus. J'ai vu et je suis resté jusqu'à la fin de l'émission."
 
Cet homme enthousiaste ajoute : "Je n'ai jamais raté un épisode parce que ça m'a beaucoup plu. Et ça surpasse tous les autres feuilletons que j'ai vu jusqu'à présent."
 
Et voilà une autre jeune femme "accro" : "Je n'avais pas vu le premier épisode, j'ai vu le deuxième et dès cette seconde fois j'ai été emballée… Pour le troisième épisode j'étais à une soirée, alors, dès le lendemain, j'ai téléphoné à des amis parce que je voulais absolument savoir ce qui s'était passé…"
 
Et oui... Cruelle époque où le Replay n'existait pas, ni même le magnétoscope ! Un vrai crève-cœur pour les fans de Belphégor, comme le déplorait cette femme : "Malheureusement, j'étais en voyage et je n'ai pu voir que le dernier épisode mais heureusement mon mari était là et il m'a expliqué tout ce qui s'était passé avant. Je le trouvais tellement intéressant ! " déclare-t-elle finalement avec un zeste de nostalgie.
 
Il y a tout de mêmes quelques récalcitrants, des blasés. Ce monsieur moustachu par exemple qui n'a pas trouvé : "les trois premiers épisodes extraordinaires et le dernier, il m'a laissé sur la faim également. Mais comme dès le premier épisode, il fallait avaler pas mal de couleuvres et bien, disons que la dernière n'était pas trop mauvaise à avaler." D'autres critiqueront la complexité de l'intrigue ou la chute évidente... Reste néanmoins que ce feuilleton révolutionnaire a changé la manière de regarder la télévision.
 
Globalement, les opinions étaient plutôt positives à la fin de la diffusion, de quoi satisfaire, Claude Barma, son réalisateur. Tout sourire, devant le Louvre, il précise que Belphégor est un feuilleton de "réalisme fantastique. Ce qui nous a amusés, Jacques Armand et moi, c'était de faire un film dans lequel on demande au public une certaine complicité, dans lequel on demande de jouer avec nous, de rêver avec nous. Notre défaut a peut-être été d'avoir essayé d'être un peu trop logique !"

Vous pouvez répéter ? Le viol

1978, vous prendriez bien un verre au bistrot ?

L'INA a retrouvé de magnifiques images de bistrots, tirées de l'émission éclats de zinc qui retransmettent merveilleusement l'ambiance de ces lieux de convivialité dans les années 1970. Dépaysement garanti dans "passages entre l'inconnu et la connaissance d'une ville".

Journal Les Actualités Françaises : Emission du 9 mars 1950

1958, Paul Eluard récitait « Courage »

Le courage. C’est le thème du Printemps des poètes qui se tient à Paris jusqu’au 23 mars. Partout en France, des milliers de manifestations célébreront la poésie à travers des représentations théâtres ou des déclamations publiques, avec des personnalités politiques ou des inconnus.
 
C’est l’occasion d’écouter le poème d’un des plus grands auteurs français du XXe siècle, Paul Eluard, qui en 1942 avait écrit Courage. Ce texte est extrait du recueil Au rendez-vous allemand paru en 1944. En pleine occupation allemande, Paul Eluard, résistant, publie de nombreux poèmes autour du thème de la liberté. Courage exprime la misère et la détresse parisienne sous le régime nazi et appelle les Français à la rébellion. Dans cet extrait d’une émission de radio de 1958, c’est Paul Eluard lui-même qui déclame son poème.
 
Paris a froid Paris a faim
Paris ne mange plus de marrons dans la rue
Paris a mis de vieux vêtements de vieille
Paris dort tout debout sans air dans le métro
Plus de malheur encore est imposé aux pauvres
Et la sagesse et la folie
De Paris malheureux
C’est l’air pur c’est le feu
C’est la beauté c’est la bonté
De ses travailleurs affamés
Ne crie pas au secours Paris
Tu es vivant d’une vie sans égale
Et derrière la nudité
De ta pâleur de ta maigreur
Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux
Paris ma belle ville
Fine comme une aiguille forte comme une épée
Ingénue et savante
Tu ne supportes pas l’injustice
Pour toi c’est le seul désordre
Tu vas te libérer Paris
Paris tremblant comme une étoile
Notre espoir survivant
Tu vas te libérer de la fatigue et de la boue
Frères ayons du courage
Nous qui ne sommes pas casqués
Ni bottés ni gantés ni bien élevés
Un rayon s’allume en nos veines
Notre lumière nous revient
Les meilleurs d’entre nous sont morts pour nous
Et voici que leur sang retrouve notre coeur
Et c’est de nouveau le matin un matin de Paris
La pointe de la délivrance
L’espace du printemps naissant
La force idiote a le dessous
Ces esclaves nos ennemis
S’ils ont compris
S’ils sont capables de comprendre
Vont se lever.

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